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Une crise, combien de mesures ?

La mission Information et Médicament voudrait « relifter » toute l'information autour du médicament.

© FOTOLIA/COLOURES PIC

Plus jamais ça ! Le rapport de la mission Information et Médicament, qui a été officiellement rendu à la ministre le 3 septembre dernier, tente de tirer tous les enseignements de l'affaire Levothyrox pour qu'elle ne se reproduise pas. Quelques heures auparavant, Agnès Buzyn avait déjà communiqué les six mesures du rapport qu'elle comptait mettre en œuvre, sans toutefois préciser de calendrier. Pas de révolution, la ministre a notamment annoncé l'intégration de la base Medicaments.gouv.fr au site Sante.fr, le recours accru au dossier pharmaceutique (DP) et au dossier médical partagé, ainsi que l'extension de l'outil d'alerte DGS-Urgent à tous les professionnels de santé libéraux, entre autres. Rappelons que l'Ordre des pharmaciens relaie déjà certains messages DGS-Urgent par l'intermédiaire du DP.
Côté pharmacie, la ministre et le rapport Kierzek mettent conjointement en valeur les bilans de médication, mis en place avec l'Assurance maladie. Le « décret services », qui est en ce moment examiné par le Conseil d'État, consacre en effet le rôle de l'officine dans les « actions de suivi et d'accompagnement pharmaceutique ». La mission a néanmoins deux souhaits, sur lesquels la ministre ne s'est pas prononcée, concernant ces bilans : d'une part, ne pas les restreindre aux patients de plus de 65 ans polymédiqués en supprimant cette limite d'âge et d'autre part, intégrer ces bilans de médication dans l'obligation de formation du pharmacien, arguant qu'une « offre de formation dans le cadre du DPC existe déjà »

Et les nouveaux packagings OTC ?

Pour le reste du rapport, quelques mesures de bon sens concernent de près ou de loin les pharmaciens, comme l'apposition de messages de santé publique sur les vitrines de pharmacies, le recours plus systématique au DP pour les médicaments non prescrits ou l'obligation pour le médecin d'indiquer sur l'ordonnance les initiations ou les arrêts de traitements pour « tout traitement au long cours », ce qui « faciliterait la vérification de l’ordonnance par le pharmacien en lui évitant certaines interrogations ». Enfin, ayant certainement en tête l'exemple de la nouvelle formule du Levothyrox, au départ annoncée comme un simple changement de look, la mission ne cache pas une certaine inquiétude vis-à-vis des nouvelles règles de présentation des packagings des médicaments, qui concerneront très majoritairement l'OTC, rappelons-le. « Il semble que les professionnels de terrain – et notamment les pharmaciens, pourtant premiers concernés − n’aient toujours pas, à ce jour, été informés de l’adoption de ces recommandations et de la possibilité de voir arriver sous peu en officine des boîtes les respectant », déplore la mission. De fait, les premières boîtes de médicaments respectant ces nouvelles règles, notamment la gamme Fervex, sont déjà mises sur le marché au compte-goutte par les laboratoires concernés... sans créer de vague de critiques chez les patients. La mission craint néanmoins une « déstabilisation des usagers » et demande à ce que soit mise en place une communication grand public de la part de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), à l'origine de ces nouvelles recommandations. Pas sûr que l'Agence bouscule son calendrier de com' pour autant.

Par Laurent Simon

6 Septembre 2018

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