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L’épicondylite

L’épicondylite (ou tennis-elbow) est la plus courante des pathologies du coude nécessitant une orthèse.

Par Alexandra Chopard

L’ÉPICONDYLE, QU’EST-CE QUE C’EST ?

L’épicondyle est le petit relief osseux de l’humérus, situé au niveau de l’articulation du coude, sur sa face externe. Des muscles sont insérés sur cet épicondyle externe via des tendons : ce sont les muscles qui permettent d’étendre les doigts (pour saisir des objets) ou faire tourner l’avant-bras pour présenter la paume vers le haut, comme pour ouvrir une porte.

LA PATHOLOGIE

L’épicondylite est une tendinite, c’est-à-dire une inflammation des tendons prenant attache, ici, au niveau du coude. Suite à des contraintes importantes ou répétées, les tendons subissent une usure par frottement sur l’os. Ces microdéchirures sont associées à une réaction inflammatoire douloureuse. Cette tendinite peut s’instaurer progressivement ou apparaître brutalement. Elle est aggravée par le mouvement.

DIAGNOSTIC ET ÉVOLUTION

Le diagnostic est posé grâce à un examen somatique : pas besoin de radiographie, d’échographie ou d’imagerie par résonance magnétique (IRM), sauf si le médecin venait à soupçonner une rupture du tendon. L’épicondylite ne présente pas de risque d’évolution vers une pathologie plus grave. Cependant, c’est une inflammation d’évolution longue : elle dure en moyenne douze mois. Sa guérison étant spontanée, la prise en charge est donc basée sur le soulagement de la douleur, associé à une mise au repos.

LA PRISE EN CHARGE

Le traitement antalgique consiste en une prise en charge médicamenteuse (anti-inflammatoires non stéroïdiens, AINS), potentiellement associée à de la kinésithérapie. La mise au repos de l’articulation du coude est nécessaire à une bonne cicatrisation des tendons. Les orthèses vont permettre une diminution des tensions sur l’insertion des muscles épicondyliens. Elles seront également très utiles en prévention de récidive.

  • Bracelet anti-épicondylite

Il se positionne sur l’avant-bras, tout près de l’articulation du coude. Par son action compressive sur les muscles à insertion épicondylienne, il limite les tensions au niveau des tendons. Indiqué en phase aiguë ainsi que lors de la reprise du sport ou de l’activité professionnelle. 
Les modèles les plus simples se composent d’un bracelet souple avec fermeture auto-aggripante réglable (Condylex Thuasne, bandage anti-épicondylite Lohmann et Rauscher…). Les plus élaborés peuvent être semi-rigides ou rigides (moins de risque d’effet garrot au serrage). Ils peuvent comprendre des éléments spécifiques (type inserts) pour appliquer de façon plus localisée la pression sur les muscles (bandage pneumatique de coude Aircast Donjoy, EpiPoint Bauerfeind, Elbowgib Gibaud, Epimed et Epimed ProMaster Thuasne – avec inserts additionnels, Epi’R Orliman, Velpeau Epi Lohmann & Rauscher…). 
Attention ! Aucun de ces modèles n’est inscrit sur la liste des produits et prestations remboursables par l’Assurance maladie (LPPR). 
Prise de mesure : circonférence de l’avant-bras, à 2 cm du coude. Les modèles conviennent pour bras gauche ou droit. 
Mise en place : contracter le poing pour mettre en évidence la zone musculaire contractée, placer les éléments de compression à ce niveau, serrer la sangle tout en évitant l’effet garrot.

  • Coudière avec sangle de serrage amovible

Ce sont des manchons venant s’ajuster au niveau de l’articulation du coude. Leur tricotage apporte un effet proprioceptif par compression. Des inserts en silicone (disposés au niveau de l’épicondyle) ont un effet massant et ajoutent à la compression (Condilax Donjoy…). Certains modèles disposent d’une sangle de serrage (amovible ou non) permettant de moduler la pression sur les muscles à insertion épicondylienne (Silistab Epi Thuasne, Coudière élastique Orliman Sport…).

Attention ! Ils ne sont pas non plus pris en charge par l’Assurance maladie. 
Prise de mesure : mesurer le périmètre du bras, à l’endroit indiqué selon le fabricant.

À noter : des orthèses de poignet, maintenant cette articulation en légère extension, peuvent également avoir une action antalgique sur l’épicondylite.

Sources : Rapport d’évaluation de la Haute Autorité de santé sur les dispositifs de compression/contention médicale à usage individuel, utilisation en orthopédie, rhumatologie, traumatologie, octobre 2012 ; Fiche « L’épicondylite et vous », coll. « Regards de l’Observatoire de la médecine générale », Société française de médecine générale ; « Les pathologies du coude, interventions et traitements », SOSmain-mulhouse.fr ; Institut français de chirurgie de la main ; Institut de recherche du bien-être, de la médecine et du sport santé ; « Bursites du coude », Xavier Libouton et Olivier Barbier, in « Orthopédie pratique. Le bon diagnostic pour le bon traitement », École d’orthopédie de l’Université catholique de Louvain, Bruxelles, 2013-2016 ; fabricants.

UNE MALADIE DE SPORTIF ? PAS SEULEMENT…

Même si le sport est un facteur de risque des épicondylites (5 à 10 % des cas), les mouvements répétitifs au travail sont beaucoup plus souvent incriminés (dans 35 à 64 % des cas). Les mouvements à risque sont notamment des gestes répétitifs avec une force excessive, des temps de récupération insuffisants, des mouvements de torsion de l’avant-bras et de flexion du poignet en force (mouvement de serrage…), des gestes de la main pour frapper des objets… Le travail au froid et les vibrations sont également des conditions favorisantes.

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