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Le Gemme mise tout (ou presque) sur les prescripteurs

Les mesures de développement des biosimilaires souhaitées par les industriels relèguent les pharmaciens au dernier rang.

© FOTOLIA/NSIT0108

Avec plus de 500 millions d'euros et 6 millions d'unités, le marché des biosimilaires en France en 2018 a plus que doublé en volume et progressé de 71 % en valeur en 2018. La pénétration de ces molécules, particulièrement à l'hôpital où elles représentaient l'année dernière 45 % du volume des médicaments biologiques contre 30 % en 2017, progresse également en ville (17 % en 2018 contre 10 % en 2010). Pour autant, les industriels français regroupés au sein du Gemme doutent que l'objectif fixé dans la stratégie nationale de santé d'un taux de pénétration des biosimilaires de 80 % d'ici à 2022 puisse être atteint si aucune mesure n'est prise d'ici là. 

Cashback sur les biosimilaires

Pour Christophe Delenta, président-directeur général de Sandoz et vice-président en charge des biosimilaires au sein du Gemme (Générique, même médicament), « on a de quoi s'inquiéter » puisque à l'heure actuelle, sur les six molécules présentes en ville et les onze à l'hôpital, une seule (filgrastim) atteint l'objectif des 80 %. Pour y parvenir, le Gemme préconise d'aller encore plus loin et émet plusieurs propositions. Outre la possibilité de faire passer de 50 à 60 % la part des économies qui reviendraient à l'hôpital, il propose de reverser 30 % des économies réalisées au service hospitalier dans le cas d'une prescription hospitalière délivrable en ville (PHEV) de biosimilaire. Enfin, le Gemme est pour « l'instauration [d']honoraire[s] conventionnel[s] et la fixation d'un objectif de prescription ». D'après Christophe Delenta, ces honoraires conventionnels seraient destinés aux médecins mais aussi aux pharmaciens. Dans le second cas, il reste cependant difficile d'imaginer qu'ils puissent être mis en place sans qu'un droit substitution soit accordé au pharmacien.

Tiraillé sur la substitution

Interrogé sur un évenuel droit de substitution par les pharmaciens, toujours dépendant d'un décret que le ministère n'est pas pressé de publier, le président du Gemme Stéphane Joly botte en touche et explique qu'il existait « une disparité [d'opinions] au sein du Gemme », avant de rappeler qu'« en tant qu’ancien du générique », il retrouvait « la même problématique [...] vécue dans les années 1998/1999 où nous avions des entreprises qui étaient plutôt prosubstitution et d’autres qui ne l’étaient pas ». Selon lui, aujourd'hui, « on est un peu dans la même situation ». Mis sur la touche par les tutelles et peu soutenu par les industriels, le pharmacien d'officine reste pour l'heure le grand oublié du plan de développement des biosimilaires. 

 

Par Benoît Thelliez

17 Janvier 2019

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