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La Paces a la vie dure

La réforme de la première année semble beaucoup moins drastique que prévu.

Bien que le rapport préfigurant la réforme de la première année commune aux études de santé (Paces) n'ait pas encore été officiellement remis aux ministres de l'Enseignement supérieur et de la Santé, une partie de son contenu a largement fuité dans la presse, faisant immédiatement sortir de leurs gonds treize organisations étudiantes. Exhortant les tutelles, dans une tribune parue dans L'Obs, à en finir avec « le massacre du concours », elles appellent à « mettre un terme à cette première année de sélection pure et [à] lui substituer une réelle année de formation ». Si la Paces est bel et bien supprimée, le « Por­tail santé » qui est proposé en lieu et place ne révolutionne pas le système, loin s'en faut. 

Fin du redoublement

Considérant que la nouvelle maquette n'est ni plus ni moins qu'« une version dissimulée du système précédent, mais finalement tout aussi sélective et discriminatoire », les représentants des étudiants estiment que le Portail santé n'apportera aucune amélioration par rapport à la Paces, « si ce n’est un changement de nom ». Dans les faits, il est en effet prévu que 70 % des étudiants qui y accéderont soient des bacheliers ayant suivi trois années d’enseignement de sciences de la vie et de la terre (SVT) au lycée. Les 30 % restant viendront quant à eux de licence 2, licence 3 ou master toutes filières, mais avec l'obligation d'avoir suvi une « mineure santé » tout au long de leur cursus. De quoi continuer à « homogénéiser les profils là où il faudrait diversifier les voies d’accès aux études de santé », regrettent les représentants des étudiants. Enfin, comme prévu, la fin du redoublement à l'issue de cette première année devrait également être actée, d'autant que les doyens des facultés des différentes filières sanitaires l'ont expressément demandé le 11 décembre dernier. Les étudiants recalés seront réorientés dans une autre licence mais pourront retenter leur chance à l’issue de celle-ci. C'est dans les vieilles marmites…

Par Benoît Thelliez

14 Décembre 2018

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