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Ça sent le sapin pour le numerus clausus

La réforme de la première année des études de santé n’est pas qu’une affaire de médecins : les pharmaciens sont aussi concernés.

© FOTOLIA/KITTHANES

Institué en 1971, le numerus clausus avait pour objectif officiel d'établir un nombre de places en adéquation avec les capacités de formation des établissements hospitaliers universitaires. Officieusement, la réduction du nombre de médecins en exercice visait également à faire baisser les dépenses publiques de santé. Quoiqu'il en soit, la présentation le 18 septembre prochain par le président de la République de la stratégie de transformation du système de santé devrait être l'occasion d'annoncer des changements en profondeur concernant la première année commune aux études de santé (Paces), dont l'abandon du numerus clausus et la suppression du concours final qui serait remplacé par un examen universitaire plus classique. Un débat qui dure depuis des années. Si l'information n'a pas été confirmée par les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur, ils ne démentent pas non plus que les choses vont bel et bien bouger.

Capacités d'accueil

Révélée par France Info le 5 septembre, l'information a depuis été commentée presque uniquement sous le prisme des études de médecine, laissant de côté les interrogations quant à la formation des maïeuticiens, odontologues et pharmaciens pourtant également concernés. Il faut dire qu'en l'absence d'annonce concrète, les protagonistes se veulent pour le moment prudents. Antoine Soula, tout nouveau vice-président en charge de l'enseignement supérieur à l'Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf), rappelle cependant que cette dernière s'oppose à la suppression du numerus clausus, « pas parfait dans sa conception, mais ayant l'avantage de réguler les flux ». En phase avec la plupart des syndicats de médecins, Antoine Soula corrèle la question du numerus clausus avec celle « des capacités d'accueil des unités de formation déjà surchargées » et attend de connaître les propositions gouvernementales sur ce volet pour afficher une position plus marquée.

Aucun regret pour la Paces

Quant à la possibilité également évoquée d'une « licence en santé » qui prolongerait le tronc commun des études pendant les trois premières années, le représentant de l'Anepf déclare également n'avoir aucune position officielle sur ce point, même si la possibilité de « mutualisation des enseignements » est accueillie favorablement, sous réserve de savoir s'il est plus pertinent de la faire intervenir « en début de cursus ou plus tard, lorsque l'aspect clinique est abordé ». Quoiqu'il en soit, Antoine Soula reconnaît que « la Paces n'a jamais rempli son rôle pour les pharmaciens puisque la filière est devenue un choix par défaut », choisie en priorité par seulement 48 % des étudiants qui finissent pas s'y engager.

Par Benoît Thelliez

6 Septembre 2018

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