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Alerte à l'observance sur les anticoagulants

À tous ceux qui pratiquent les entretiens pharmaceutiques : une étude de l'Assurance maladie montre qu'il reste beaucoup à faire sur les antivitamines K (AVK) et les anticoagulants oraux directs (AOD).

© FOTOLIA/ROBERT6666

L'Assurance maladie a publié le 13 septembre dernier les résultats d'une étude parue également dans le journal Pharmacotherapy sur les « taux d'arrêt comparés entre les différents anticoagulants oraux » et s'inquiète de « l'adhésion insuffisante » des patients à ces traitements. On la comprend : la Caisse nationale d’assurance maladie a analysé, à partir de son fichier géant (Sniiram-PMSI), les comportements de 35 000 patients atteints de fibrillation auriculaire non valvulaire, une des indications majeures pour ces molécules. Cette pathologie touche 1 million de patients en France. Les résultats ne sont malheureusement pas très bons : 1 patient sur 5 a arrêté son traitement pendant au moins 60 jours au cours de sa première année, un chiffre à peu près équivalent quelle que soit la molécule analysée, puisque le taux d'arrêt pour les AVK est de 19,4 %, celui du dabigatran (Pradaxa) de 22,5 % et celui du rivaroxaban (Xarelto) de 22,3 %.

Coup de fouet sur les entretiens

Autre enseignement important de cette étude : « L’adhésion aux traitements AOD, dabigatran ou rivaroxaban [l'apixaban ne fait pas partie de l'étude de l'Assurance maladie, NDLR], n’est pas meilleure qu’avec le traitement AVK. » C'était pourtant l'un des arguments principaux avancés par les laboratoires lors de la mise sur le marché de ces molécules au schéma de prise simplifié et ne nécessitant pas la mesure périodique de l'INR. L'étude conclut lapidairement en appelant à renforcer « d'urgence » les connaissances des patients et des prescripteurs en ce domaine. C'est sans nul doute là que les pharmaciens ont un coup à jouer, même si le nombre d'entretiens est encore en diminution sur les six premiers mois de 2018 par rapport à 2017, avec 8 655 entretiens AVK réalisés et 7 823 entretiens AOD. Il n'est jamais trop tard pour inverser la vapeur.

Par Laurent Simon

14 Septembre 2018

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