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Philippe Gaertner

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

MIGUEL MEDINA

L’espoir malgré tout

À l’orée d’une rentrée qui s’annonce bien chargée avec, entre autres, la mise en place des entretiens sur l’asthme et les habituelles tractations avant la loi de financement de la sécurité sociale pour 2015, je voulais relever quelques signaux – faibles, certes, mais bien réels – qui doivent inciter les pharmaciens à espérer. Vous avez, pour la grande majorité d’entre nous, reçu la simulation de la nouvelle rémunération que vous a envoyée IMS à la demande de la FSPF. L’occasion pour tous de se rendre compte des conséquences positives de la mise en place des honoraires, malgré les campagnes de déni- grement dont cette réforme a fait l’objet depuis des mois. Nous avons toujours foi en cette avancée pour la profession et je reste persuadé que l’avenir nous donnera raison. Un autre motif de se rasséréner réside dans un document à la lecture peu attractive mais fort instructive, le rapport Charges et produits de l’Assurance maladie. Ce texte recense toutes les pistes d’efficience pour notre système de santé et, pour une fois, le médicament n’y est qu’une cible secondaire. Outre un développement accru des génériques, que nous soutenons totalement, le rapport propose en particulier un recours plus important à la chirurgie ambulatoire. En d’autres termes, le retour dès que possible du patient à son domicile et sa prise en charge précoce par les professionnels libéraux que nous sommes.

« Les pharmaciens ne réclament que la tranquilité d’esprit. Est-ce trop demandé ? »

Ces sujets sont au cœur des négociations sur les accords-cadres interprofessionnels initiées par le ministère de la Santé qui aboutiront à un canevas commun, qui permettra d’associer plusieurs professionnels de santé au chevet d’un patient. Il n’y manque que l’essentiel : les moyens financiers et technologiques de remplir ces missions. Ce qui n’est jamais une mince affaire, convenons-en. Mais tout cela ne sera possible que si nos gouvernants sacralisent à la fois la santé publique et la liberté d’entreprendre, qui sont au cœur du métier de pharmacien. Au moment où les professions prétendument « réglementées » font à nouveau les gros titres, se voyant ravaler au rang de rentiers et de profiteurs, je ne voudrais rappeler qu’un chiffre : les officines françaises emploient 120 000 salariés, pour la plupart professionnels de santé. Et elles ne réclament que deux choses : la tranquillité d’esprit et la reconnaissance de leur implication auprès des patients. Serait-ce trop demandé ?

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