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La rééducation périnéale

Pour lutter contre l’incontinence urinaire, la rééducation périnéale s’avère très efficace. Différentes techniques existent, qui peuvent être associées.

Par Alexandra Chopard

LES TECHNIQUES

Rééducation par rétroaction manuelle et verbale : elle se fait essentiellement à l’aide d’images (le pont-levis, par exemple) qui facilitent la visualisation des muscles périnéaux et leur travail. La sage-femme va, par un examen local, évaluer l’efficacité du travail musculaire.

Rééducation par électrostimulation avec sonde : méthode passive, réalisée en cabinet ou à domicile. Un appareil électrostimulateur émet des impulsions électriques pour stimuler les muscles du périnée via une sonde. Les différents programmes permettent de modifier l’intensité de l’impulsion, de manière à ce que l’exercice ne provoque pas de douleur. Classiquement, cette rééducation se pratique sur dix séances en cabinet.

Rééducation par biofeedback avec sonde : méthode active, réalisée au cabinet de la sage-femme ou du kinésithérapeute. Grâce à une sonde vaginale (Saint-Cloud, Périform…) reliée à un appareil d’enregistrement, la patiente va alternativement contracter et relâcher ses muscles périnéaux, tout en visualisant ce travail sur le moniteur.

Rééducation par électrostimulation sans sonde : méthode passive, utilisée à domicile. Le stimulateur est relié à deux cuissières, dotées de quatre électrodes placées en haut du fessier, des cuisses et au niveau des adducteurs. Actuellement, un seul appareil permet cette approche : Innovo.

LES PESSAIRES

Ces dispositifs médicaux reviennent à la mode, parce qu’ils peuvent être utilisés ponctuellement. Ils sont indiqués dans la prise en charge de l’incontinence urinaire, notamment dans l’incontinence d’effort. Les pessaires sont aussi intéressants pour les femmes qui ne souhaitent ou ne peuvent pas bénéficier de chirurgie. S’ils sont aujourd’hui majoritairement vendus en ligne, avec un remboursement à la clé, le pharmacien a toute latitude pour reprendre la main.

Il existe plusieurs types de pessaires :

  • en anneau : le plus utilisé, il existe en différentes épaisseurs et est particulièrement indiqué pour les débuts de cystocèle (hernie de la vessie correspondant à un prolapsus débutant) ;
  • en cube : il peut être perforé pour faciliter l’écoulement des sécrétions vaginales ;
  • gonflable : plus ajustable à la pathologie de la femme ;
  • Hodge : semi-rigide, il soutient particulièrement bien le col vésical.

Tous existent en de nombreuses tailles (six à neuf tailles selon les modèles). 
Attention ! Alors qu’une sage-femme est tout à fait qualifiée pour vérifier l’adéquation du pessaire aux besoins de la patiente, elle n’est pas autorisée à le prescrire en vue d’un remboursement.

QUELLE PRISE EN CHARGE POUR LES ACCESSOIRES ?

L’Assurance maladie prend en charge trois catégories de produits, sous certaines conditions.

  • Les sondes périnéales à usage urogénital, destinées à la rééducation chez une sage-femme ou un kinésithérapeute (code LPP 1183014). Remboursement sur prescription d’un généraliste, d’une sage-femme, d’un kinésithérapeute, d’un gynécologue ou d’un urologue.
  • Les appareils d’électrostimulation (ou stimulateurs neuromusculaires ou neurostimulateurs électriques à usage urogénital), conçus pour une utilisation à domicile, en autotraitement (code LPP 1189270).

Pour être remboursés, ils doivent être prescrits par un généraliste, une sage-femme ou un gynécologue via une ordonnance mentionnant « achat d’un neurostimulateur électrique pour autotraitement à domicile de l’incontinence sphinctérienne ».

Attention ! Le remboursement d’un appareil d’autotraitement ne sera pas possible si la patiente est, dans le même temps, suivie par un kinésithérapeute ou une sage-femme pour une rééducation en cabinet ! En revanche, il pourra l’être à l’issue de ces séances. 
Attention ! Ne pas oublier que la sonde se commande et se facture séparément de l’appareil d’électrostimulation !

  • Les pessaires (code LPP 1196264). Remboursement sur prescription d’un kinésithérapeute, d’un généraliste ou d’un gynécologue.

 

Sources : Association française d’urologie ; « Guide pour la pratique des sages-femmes pour la rééducation pelvi-périnéale » (Guide 2014 de la Commission Périnée, édité par le Collège national des sages-femmes de France) ; thèse de doctorat en pharmacie « Les troubles urinaires et vésicaux induits par les médicaments », Noëlle Pasquali, 2009, université Joseph-Fourier-Grenoble-I ; « Dysfonctionnement du plancher pelvien », tomes 1 et 2, A. P. Bourcier, E. J. McGuire, P. Abrams, Éd. Elsevier-Masson, 2005.

LA RÉÉDUCATION PAR BIOFEEDBACK… SANS SONDE

D’autres types d’équipements sont indiqués dans la rééducation périnéale : ce sont des appareils de biofeedback, qui ne stimulent pas mais mesurent la force et la durée des contractions des muscles pelviens, pour faciliter la prise de conscience par la patiente (KGoal, Elvie, Candy…). Il s’agit souvent d’objets connectés, fonctionnant avec une application à installer sur le téléphone portable. Non conventionnés par l’Assurance maladie, ils ne bénéficient d’aucune prise en charge.

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