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Face à la douleur

L’équipe officinale est confrontée quotidiennement à des demandes relatives à la douleur. Et vous, comment auriez-vous géré ces situations ?

Par Alexandra Chopard

Sources : Société française d’étude des migraines et céphalées, « Douleur de l’enfant, l’essentiel », groupe Pédiadol (Association pour le traitement de la douleur de l’enfant), 2015 ; Collège des enseignants de neurologie ; « Prise en charge de l’endométriose, démarche diagnostique et traitement médical », Haute Autorité de santé (HAS), décembre 2017 ; « Prise en charge de l’endométriose, messages clés destinés au médecin généraliste », HAS, décembre 2017.

maux de tête

« Ma fille de 5 ans a mal à la tête, en particulier au niveau du front. Elle a envie de vomir et se sent faible. Son papa est migraineux. Est-il possible qu’à son âge elle puisse souffrir aussi d’une migraine ? »

VOTRE CONSEIL Les migraines ne sont pas rares chez l’enfant. Les signes associés sont généralement une céphalée uni- ou bilatérale sévère (frontale ou latérale), avec ou sans nausées, des vomissements, une phono- ou photophobie, des douleurs abdominales, des vertiges, une pâleur, avec ou sans aura. En première intention, l’administration d’ibuprofène (10 mg/kg en une prise) et le repos au calme soulageront la petite patiente. À l’issue d’une consultation, elle pourra bénéficier d’un traitement spécifique (chez l’enfant de plus de 30 kg) par des triptans (sumatriptan spray nasal, zolmitriptan sublingual, rizatriptan sublingual).

« J’ai mal à la tête de plus en plus souvent, presque chaque jour en ce moment, et il est impensable que je ne sois pas en forme au travail. Je prends les triptans que m’a prescrits pour la première fois le médecin, mais ça ne suffit pas ; je prends aussi de l’aspirine, du paracétamol, de l’ibuprofène… sauf que je me sens de moins en moins soulagé. Que pouvez-vous me conseiller ? Je n’ai pas le temps de consulter. »

VOTRE CONSEIL Lorsqu’une céphalée survient au moins quinze jours par mois, on parle de céphalée chronique quotidienne (CCQ). Elle peut être primaire (on la classera alors dans les migraines) ou secondaire à un abus médicamenteux. L’anxiété et le stress constituent des facteurs de risques complémentaires. Ici, une consultation est indispensable pour faire le point. Conseiller au patient de tenir en amont un agenda de ses douleurs et des prises de médicaments pour faciliter le diagnostic. Un sevrage, réalisable en ambulatoire ou lors d’une hospitalisation, sera la priorité. Si la CCQ a disparu dans les deux mois après ce sevrage, elle était bien liée à un abus médicamenteux. Dans le cas contraire, le diagnostic de migraine chronique sera posé et le traitement réévalué.

« Je viens vous voir pour mon mari : il a très mal à la tête depuis son réveil, ça ne passe pas malgré son nouveau traitement, un triptan. C’est surprenant, ça ne ressemble pas à ses migraines habituelles. Il se plaint également d’avoir une sorte de voile devant les yeux. »

VOTRE CONSEIL Devant une céphalée d’apparition brutale, il faut se montrer méfiant. Chez un migraineux, le fait que les symptômes soient différents des crises habituelles doit alerter. Ici, une consultation en urgence est nécessaire : appelez le 15 pour un conseil. Il faut garder en mémoire que les douleurs à type de céphalées peuvent, dans de rares cas, être en lien avec une dissection aortique, un accident vasculaire cérébral (AVC) ou un syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible (SVCR). Bref, une consultation est indispensable !

règles

« Au moment de mes règles, j’ai des douleurs très importantes ainsi que des troubles digestifs ; c’est vraiment invalidant. Qu’auriez-vous de plus fort que l’ibuprofène ou le paracétamol ? J’en prends beaucoup, sans être suffisamment soulagée. »

VOTRE CONSEIL Les dysménorrhées peuvent être prises en charge à l’officine, mais l’équipe devra conseiller une consultation médicale (généraliste ou gynécologique) si les douleurs ne sont pas soulagées par les antalgiques usuels. On insistera sur les doses maximales à respecter. L’ibuprofène est particulièrement indiqué grâce à son action antiprostaglandine. Le phloroglucinol est intéressant en complément, pour son action antispasmodique. 
Cependant, certains symptômes peuvent évoquer une endométriose : dysménorrhée intense avec résistance aux antalgiques de niveau 1, dyspareunie profonde, douleurs à la défécation à recrudescence cataméniale (selon le moment du cycle), troubles fonctionnels urinaires à recrudescence cataméniale… Cette maladie, sous-diagnostiquée, peut être explorée grâce à des examens gynécologiques couplés à une échographie pelvienne. Un traitement adapté sera alors prescrit pour soulager la patiente de l’ensemble de ses symptômes.

arthrose

« Mes douleurs arthrosiques sont difficiles à calmer : quand je prends un antidouleur, il met longtemps à agir. Que pourrais-je prendre d’autre ? »

VOTRE CONSEIL Dans le cas des douleurs chroniques, il est important d’insister sur le rythme des prises d’antalgiques. Il doit être régulier : la prise « à la demande » n’est pas adaptée car elle laisse la douleur s’installer. Pour limiter l’inconfort, il faut donc, dans un premier temps, conseiller une prise systématique du traitement antidouleur, pour évaluer son efficacité. Il pourra ensuite être aménagé (augmentation des doses dans les limites recommandées, ajout d’un autre antalgique…). Un conseil associé peut être proposé en phytothérapie : harpagophytum, cassis, reine-des-prés, ortie, bambou… Des compléments alimentaires à base de glucosamine sont également disponibles.

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