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Philippe Gaertner

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

© MIGUEL MEDINA

Essai transformé

Le 26 mars dernier, Agnès Buzyn et Édouard Philippe ont acté le succès de la vaccination à l’officine en annonçant sa généralisation, prévue après concertation pour 2019. C’est une immense satisfaction pour les quelque 5 000 pharmaciens participants et pour la FSPF, qui a initié et porté, parfois seule, cette nouvelle mission pas comme les autres. 
Avec près de 160 000 vaccinations effectuées en quelques mois et sans aucune anicroche, l’officine a fait plus que surmonter le défi qui lui avait été lancé : elle l’a relevé avec brio. Et ce, pour le plus grand bien des patients qui ont ainsi bénéficié d’une offre de santé plus complète, au plus près de leurs besoins et immédiatement disponible. L’annonce de l’extension programmée de cette expérimentation est donc une consécration pour les pharmaciens et la preuve s’il en était que, lorsque les pouvoirs publics nous investissent d’une mission et y mettent les moyens, ils ne sont pas déçus. Cette mobilisation unique, la profession la doit à son implication, à sa présence sur tout le territoire 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 auprès des patients. 

« L’officine a relevé
avec brio le défi
de la vaccination. »

Pour autant, cette victoire ne doit pas nous faire perdre de vue l’essentiel : les succès actuels – et futurs, je l’espère – de la vaccination à l’officine ne seront acquis que si le modèle français de l’officine est préservé. Préservé des attaques dont il fait l’objet depuis plusieurs mois et dont voici une liste des belligérants, malheureusement non exhaustive : la Cour des comptes, l’Autorité de la concurrence ou encore l’UFC-Que choisir dont la récente étude prône le passage de l’automédication en grandes surfaces. Alors même que les exemples étrangers ou des études économiques prouvent par A + B que cela n’apporterait rien, ni en termes d’économies – les baisses de prix ne seront pas au rendez-vous pour les patients –, ni évidemment en termes sanitaires – comment espérer un meilleur usage des médicaments si l’on en multiplie les circuits de distribution ? 
La santé publique vaut mieux que cette vente à la découpe de la Pharmacopée française. Je le répète aujourd’hui et je le referai demain : toucher à un pan de notre activité, c’est risquer de la mettre à bas dans sa totalité. La profession a acquis un poids supplémentaire face aux pouvoirs publics : l’intégrité du modèle français de pharmacie d’officine n’est pas négociable. 
J’apprends, au moment de boucler cet édito, que notre consœur Monique Durand a été réélue à la présidence de la Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens (CAVP). Je tiens, au nom de la FSPF, à lui adresser mes plus chaleureuses félicitations pour ce nouveau mandat.

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