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Philippe Gaertner

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

© Miguel Medina

Le danger de l’immobilisme

Si la tenue de la Grande Conférence de la santé a eu au moins une utilité, c’est celle de me rappeler que le monde n’a pas attendu l’officine pour bouger. La lecture des vingt-deux mesures qui constituent la feuille de route de cet événement tant attendu – et tant décrié – doit également vous interpeller. Orthophonistes, infirmiers anesthésistes ou de bloc opératoire, kinésithérapeutes… toutes ces professions sont en mouvement vers le master. 
Notre proposition de mettre en place un diplôme d’études spécialisées (DES) de pharmacie générale n’a, à ce titre, rien d’une lubie ou d’un placement politique. Le constat est clair : les pharmaciens doivent rester dans le peloton de tête des professionnels de santé, avec les médecins, évidemment, mais aussi les dentistes. Il n’est néanmoins pas seulement question de galons, même si, dans notre pays, l’intitulé des diplômes détermine le rang dans la société… et incidemment dans le système de santé. Il est aussi question de compétences communes : continuer à développer les nouvelles missions – entretiens pharmaceutiques, conciliation médicamenteuse… – passera par la collaboration avec d’autres professionnels aux yeux desquels notre position devra être claire. S’il ne s’agit que de distribuer des boîtes et d’oublier le reste, alors ne changeons rien, restons master. 

« Le duo pharmacien-préparateur doit être maintenu et renforcé. »

Si vous croyez comme moi que la pharmacie ne s’en sortira qu’en se repositionnant radicalement, la conclusion est évidente et elle est double : non seulement les pharmaciens doivent devenir docteurs – au sens licence-master-doctorat (LMD) du terme, c’est-à-dire passer à bac + 8 –, mais en plus ils doivent aider les préparateurs à intégrer les rangs des professionnels paramédicaux, auxquels ils n’appartiennent pas pour le moment, en devenant titulaires d’une licence professionnelle. Tout cela pour que, en définitive, un préparateur bien formé puisse renouveler une ordonnance, en lieu et place du pharmacien dont il dépend, pour peu qu’elle ait déjà été validée. Le duo que forment nos deux professions au sein de nos entreprises doit non seulement être maintenu mais renforcé. C’est à ce titre que la réforme du diplôme de préparateur est indispensable. Ce n’est certainement pas en nous arc-boutant sur nos acquis que nous les défendrons : faire du surplace, c’est déjà reculer.

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