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Sophia se porte bien

L'accompagnement des patients diabétiques et asthmatiques par des infirmiers semble avoir des résultats tangibles. 

© FOTOLIA/RODNIKOVAY

Lancé en 2008 par l'Assurance maladie puis généralisé en 2013 dans le diabète et en 2015 dans l'asthme, le programme Sophia, qui se propose de suivre à distance les patients volontaires via des appels téléphoniques ou des mails, semble porter ses fruits. Et les résultats mis en avant par l'Assurance maladie contrastent avec ceux en demi-teinte des entretiens pharmaceutiques, grevés par de nombreux problèmes administratifs, et le début encore timide des bilans de médication. Même si les modes opératoires sont différents, force est de constater qu'à « fin 2018, il y avait 873 000 adhérents à Sophia, soit 84 000 de plus que fin 2017 », a constaté Annelore Coury, directrice déléguée à la gestion et à l'organisation des soins de la Caisse nationale d’assurance maladie lors d'une conférence de presse. Des adhérents en très grande majorité diabétiques, soit près de 800 000 patients pour seulement 72 000 asthmatiques.

La preuve par A+B

Cet autosatisfecit de l'Assurance maladie sur les contingents de patients se double de bonnes nouvelles sur leur état de santé, particulièrement celui des diabétiques, et ce, à partir de la sixième année ! Le taux d'hospitalisation baisse ainsi significativement : pour 100 patients, Sophia aurait ainsi permis d'éviter 33 jours d'hospitalisation durant la huitième année. Le taux annuel de décès baisse également de manière « significative », avance la Caisse, entre la cinquième et la huitième année. Il reste encore à Sophia à faire ses preuves sur les patients asthmatiques pour lesquels le recul manque encore pour fournir des chiffres aussi précis que dans le diabète. Dernier point : contrairement aux entretiens et à plus forte raison aux bilans de médication, l'acceptation par les médecins de Sophia semble bonne, seuls 4 % des praticiens décourageaient leurs patients de s'inscrire en 2018, contre 9 % en 2014. Ciblage des patients qui en ont le plus besoin, sensibilisation des prescripteurs, évaluation à long terme… la recette du succès est connue, reste maintenant à l'appliquer.

Par Laurent Simon (avec APMnews)

8 Février 2019

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