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PIQUÉS AU VIF PAR FREESTYLE

La saga du lecteur de glycémie sans contact continue. La FSPF appelle les pharmaciens à la vigilance à partir du 1er juillet.

© FOTOLIA/RATOCA

 

C’est une histoire qui dure maintenant depuis plus d’un an. Le 1er juin 2017 fut en effet un bon jour pour les patients diabétiques, qui pouvaient enfin se faire prescrire et rembourser FreeStyle Libre, le fameux lecteur de glycémie sans contact des laboratoires Abbott, auparavant seulement disponible en vente directe (voir notre article « La tornade FreeStyle Libre ») mais, douze mois après, les pharmaciens ne décolèrent pas : commandes non honorées, retards de livraison et ruptures incessants, avec même une recrudescence depuis le début de l’année. Les pharmaciens n’en peuvent plus.

Victime de la mode

Les causes sont multiples, à écouter Jocelyne Wittevrongel, vice-présidente de la FSPF, qui a suivi de près ce dossier à rebondissements auprès du Comité économique des produits de santé (CEPS) : « Le laboratoire Abbott a été dépassé par le succès de FreeStyle Libre, analyse-t-elle. Ils ont promis de mettre en place de nouvelles lignes de production, nous attendons de voir. » Les nombreuses réclamations des pharmaciens quant aux livraisons de ce produit très attendu par les patients – au point que beaucoup d’entre eux ne reviennent pas à leur ancien modèle malgré les tensions d’approvisionnement – ont aussi une autre origine, selon elle : « Abbott a mis trois plates-formes d’approvisionnement en place, deux d’entre elles à destination des pharmaciens, la dernière pour les ventes directes aux patients. » Or les stocks entre ces plates-formes n’étant pas mutualisés, une officine peut tout à fait être livrée alors qu’une autre, parfois contiguë, verra sa livraison repoussée de plusieurs semaines, sans plus d’explications.

Solutions de secours

Un véritable casse-tête au comptoir, surtout depuis que le laboratoire a décidé, début mai, de contingenter les officines en ne livrant qu’une certaine quantité de capteurs. Pour parer au plus pressé, la FSPF rappelle que l’Assurance maladie a introduit mi-mai « la possibilité de facturer des bandelettes et lancettes au-delà de la limite prise en charge » pour les patients qui seraient privés de FreeStyle Libre et devraient temporairement revenir à l’ancien système « avec contact ». En attendant que les nouvelles lignes de production d’Abbott soient actives, une autre échéance attend les pharmaciens, prévient Jocelyne Wittevrongrel : « Le 1er juillet prochain, le prix de FreeStyle Libre va baisser [il baissera également en 2019, NDLR]. Les pharmaciens qui auraient encore du stock à l’ancien prix devront demander des avoirs à Abbott », détaille-t-elle. Affaire à suivre de près.

1 Juin 2018

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