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N° 1326 Janvier 2021

Interview

Élisabeth Bouvet

« Les officinaux doivent être impliqués »

Élisabeth Bouvet - Présidente de la commission technique des vaccinations à la Haute Autorité de santé (HAS)

Ordonnances suspectes : la prégabaline en vedette

L’enquête nationale Osiap (Ordonnances suspectes indicateurs d’abus possible) vient de livrer ses résultats pour 2019.

© adobestock_pavelis

L'analyse des ordonnances suspectes signalées par les pharmaciens d’officine est riche d'enseignements. En 2019, ce sont 2 089 prescriptions falsifiées qui ont été collectées et transmises au réseau français des 13 CEIP-Addictovigilance. Au total, ce sont 303 substances et 428 spécialités différentes qui ont été recensées.

Les grands classiques

Parmi toutes les molécules ciblées par les fraudeurs, la prégabaline remporte la palme : elle figure sur 23,8 % des ordonnances suspectes. Cet antiépileptique était déjà le 4e médicament le plus cité en 2018, alors qu'il n'était que 15ème un an auparavant. Sur la seconde marche du podium figurent, sans surprise, les spécialités antitussives contenant de la codéine (présentes sur presque 20 % des ordonnances falsifiées), Euphon étant très majoritairement incriminé. Le classement intègre ensuite le paracétamol seul, le tramadol (seul ou en association) puis la codéine associée au paracétamol. Le bromazepam, en 6e position, progresse un peu à 7,1 % de citations, tandis qu'Alprazolam (6,7 %), Zolpidem (6,6 %) et Zopiclone (5,1 %) perdent un peu de terrain. De son côté, le tropicamide (Mydriaticum) est beaucoup moins présent sur les ordonnances frauduleuses et baisse de 6,4 à 1,8 % en une année. Un succès à mettre au crédit de « l'entrée en vigueur en janvier 2019 des nouvelles conditions de prescription et de délivrance des flacons de 10 ml ». A contrario, une molécule peut être considérée comme émergente : le fentanyl (essentiellement sous sa forme transdermique) est passé, entre 2018 et 2019, du 21e au 14e rang des médicaments les plus cités.

Un volontariat utile

La surveillance des ordonnances falsifiées est un moyen pertinent d'évaluer le potentiel d'abus et de dépendance des différents médicaments disponibles sur le marché. Puisque les pharmaciens sont des observateurs privilégiés de ce type particulier de délinquance, chaque officine peut demander à participer au programme local. Pour cela, il suffit de se mettre en contact avec la personne en charge du recrutement dans sa région (accédez à la section « Pour participer au programme » sur le site de l'addictovigilance). Deux périodes d'enquête exhaustive de 4 semaines sont organisées en mai et novembre de chaque année. En dehors de cet intervalle spécifique, « les pharmaciens (de réseau ou hors réseau) peuvent adresser des ordonnances suspectes dans le cadre de notification de cas d’abus au système d’addictovigilance ».

Par Alexandra Chopard

18 Décembre 2020

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