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Moins de contraintes pour les pharmacies en ligne

Le Premier ministre souhaite assouplir les règles entourant la vente de médicaments sur Internet. 

© FOTOLIA/CHAPINASU

« En France, les ventes en ligne de médicaments représentent 1 % du marché alors qu’elles atteignent 15 % en Allemagne », a déploré Édouard Philippe, à l'occasion du dixième anniversaire de l'Autorité de la concurrence le 5 mars dernier [d’autres estimations font plutôt état d’une part de marché de la pharmacie en ligne en Allemagne de l’ordre de 8 à 9 %, NDLR]. Réitérant son attachement « à la sécurité de la chaîne du médicament », un « domaine dans lequel il est légitime de fixer des règles exigeantes », le Premier ministre a toutefois considéré que le législateur était sans doute « allé trop loin » sur ces questions et que la piètre performance enregistrée était en partie liée à des conditions de vente en ligne qui « apparaissent trop restrictives ». En guise d'exemple, il s'est ainsi demandé s'il était justifié « d’interdire à plusieurs pharmacies de se regrouper pour vendre en ligne des médicaments » ; une contrainte maintes fois décriée par les candidats pharmaciens désireux de se lancer dans la vente sur Internet, au même titre que l'obligation de stocker et de préparer les commandes dans un local faisant physiquement partie de l'officine. 

Concurrence déloyale

Quelques jours avant qu'Édouard Philippe n'annonce vouloir desserrer l'étau réglementaire pour donner de l'air à la e-pharmacie dans notre pays, une pharmacienne d'une officine de Villeneuve-d'Ascq (Nord) possédant un service de vente sur le Net dénonçait de son côté la concurrence déloyale des pharmacies en ligne installées dans d'autres pays européens, de même que les risques qu'elles pouvaient faire peser sur la santé publique. Dans une vidéo publiée sur Youtube, elle interpelle ainsi la ministre de la Santé et le secrétaire d'État chargé du Numérique pour les alerter sur le fait que ces officines virtuelles, autorisées à créer des sites avec l'extension « .fr », payent les moteurs de recherche pour apparaître en premier dans leurs résultats et « coupent l’herbe sous le pied des véritables pharmacies en ligne françaises, interdites de publicité – à raison – par la loi française ». Elle fustige également certains sites étrangers qui « mettent en danger le consommateur en n’appliquant pas les règles de base de la délivrance du médicament : quantités maximales, contrôle des interactions médicamenteuses… » et appelle les instances publiques françaises à agir auprès de Google et de l'Union européenne pour « interdire la publicité en France à toutes les pharmacies en ligne » et « sensibiliser le grand public à l’achat de médicaments en ligne ». En attendant, le Premier ministre a bel et bien demandé à Agnès Buzyn d’ouvrir une « concertation avec les professionnels de santé, médecins, pharmaciens, et avec les représentants des patients » pour aborder rapidement ces questions. À temps pour intégrer la prochaine loi de santé ?

Par Benoît Thelliez

7 Mars 2019

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