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La profession pousse à la substitution

Toute la profession demande à substituer les biosimilaires, Biogaran estime que cette possibilité est déjà ouverte.

© FOTOLIA/BAKHTIARZEIN

Les représentants de la pharmacie d'officine réclament « une substitution pleine et entière ». Dans un communiqué commun daté du 12 décembre, huit organisations représentatives de la profession (FSPF, Uspo, APR, Federgy, UDGPO, Anepf et Le Collectif) demandent à ce que leur droit de substitution qui s'applique pour les génériques soit étendu « à d'autres groupes de médicaments qui représentent un enjeu majeur en termes d'économies, à savoir les médicaments biosimilaires ». Leur patience concernant la publication du décret d'application de la loi autorisant la substitution de ces produits par le pharmacien, qui est attendue depuis maintenant quatre ans, est désormais épuisée et elles demandent à « être reçues par les services de la ministre de la Santé » sur ce point, mais également pour discuter de leur volonté de modification de la loi jugée « trop restrictive car elle n'autorise le pharmacien qu'à substituer en initiation de traitement ».

Biogaran en éclaireur

De son côté, Biogaran joue les francs-tireurs. Depuis le 20 octobre et un communiqué signé de son président, Pascal Brière, le laboratoire français considère qu'il n'est pas nécessaire d'attendre la parution du décret pour commencer à substituer les biosimilaires au comptoir. « Notre position après analyse juridique est que la loi peut s'appliquer en l'état à partir du moment où la substitution se fait selon les termes du texte et que l'on garanti[t] la traçabilité ainsi que l'information du prescripteur », confirme Daniel Roederer, le directeur des Opérations France de Biogaran qui tient toutefois à préciser qu'« il ne s'agit pas non plus de dire aux pharmaciens de substituer » s'ils estiment qu'ils s'exposent à des risques juridiques. Affirmant que le laboratoire a décidé de « faire bouger les lignes [car] il est dommage que le seul professionnel de santé spécialiste du médicament soit écarté » du dispositif des biosimilaires, Daniel Roederer reconnaît par ailleurs que Biogaran a été surpris par la position des autorités de tutelle « dont nous pensions qu'elles étaient un allié sur ce dossier ». Alors que ces dernières semblent en outre vouloir éviter que la rémunération soit calquée sur celle des génériques, il explique qu'« il y a d'autres mécanismes possibles » et affirme que Biogaran « prône plutôt [celui des] honoraires ».  

Par Benoît Thelliez

13 Décembre 2018

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