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L'Afipa joue son va-tout pour 2017

Les industriels de l'OTC proposent toute une série de mesures destinées à booster le secteur. Certaines détonnent.

© MIGUEL MEDINA

 

Ne l'appelez plus médication familiale ! En publiant son manifeste du « selfcare » le 15 mars dernier, l'Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa), le lobby des industriels du secteur, met cartes sur table. Il y aurait selon elle 1,5 milliard d'euros d'économies à faire en favorisant l'automédication, à raison d'environ un milliard sur les produits de santé et 500 millions sur les consultations. Les chiffres proviennent d'une étude produite par Openhealth company
La première et la plus spectaculaire des mesures proposées par l'Afipa consisterait tout simplement à établir « la liste des pathologies bénignes considérées comme adaptées à l'automédication » et... à dérembourser toutes « les molécules associées à ces pathologies », soit tout de même 118 pour 66 indications, parmi lesquelles les acnés mineures et modérées, la constipation occasionnelle de l’adulte, les toux sèches et toux d’irritation. Optimiste, l'association estime que les Français sont, selon un sondage Ipsos qu'elle a commandé, 60 % à être prêts « à accepter une prise en charge individuelle de dépenses de santé pour les problèmes bénins », à hauteur de 11 euros maximum par boîte de médicament, pour une moyenne constatée de 4,69 euros. L'économiste de la santé Frédéric Bizard, cité par l'Afipa, renchérit : « Le coût mensuel pour une politique individuelle d’automédication responsable n’excède pas 5 euros, c’est donc la grande majorité de la population qui peut sans mal [le] supporter. » À voir.

Délivrance sous condition de formation

Les autres mesures sont à l'avenant, en particulier « appliquer le même taux de TVA (2,1 %) qu’aux médicaments de prescription » mais aussi « inclure l’automédication au système de protection sociale gratuit et/ou aidé (CMU-C et ACS) ». Côté pharmaciens, outre une intégration de l'OTC dans le dossier pharmaceutique, l'association n'oublie pas de les « faire monter en compétences [...] en leur proposant la possibilité de délivrer certains produits sous condition de formation validante ». Après plusieurs déclarations hostiles, la ministre de la Santé Marisol Touraine avait semblé ouvrir la porte dans une réponse écrite faite à la députée Dominique Orliac en janvier dernier en statuant que l'automédication permettait de « renforcer l'autonomie du patient dans sa prise en charge de pathologies bénignes ». Les candidats à l'élection présidentielle de 2017 seront-ils prêts à l'entendre de la même oreille ?

Par Laurent Simon

16 Mars 2016

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