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Philippe Gaertner

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

© MIGUEL MEDINA 

Une question de bon sens

C’est une situation que vous avez tous vécue : un samedi après-midi, à votre officine, une patiente se présente avec une gêne évocatrice d’une cystite aiguë. Plutôt que de devoir simplement lui poser les quelques questions nécessaires avant une délivrance de fosfomycine sans prescription ou une orientation vers son médecin en cas de soupçon de complications, la réglementation impose aujourd’hui – dans le cas où aucun médecin n’est disponible – de l’orienter vers les urgences pour y obtenir une ordonnance, puis de la faire revenir au comptoir pour une dispensation en bonne et due forme, après plusieurs heures d’attente à l’hôpital. Un véritable casse-tête ! Sans parler des coûts supplémentaires pour le système de santé… 

« Rendra-t-on service
au patient avec un
conseil protocolisé ?
C’est tout ce qui
compte au final ! »

La proposition faite par les députés d’expérimenter le conseil protocolisé de cet antibiotique à l’officine ne répond, somme toute, qu’à une simple question de bon sens : doit-on ou non simplifier la vie des patients lorsque l’occasion nous en est donnée ? Et, à question de bon sens, réponse de bon sens. Qu’on ne s’alarme pas : en tant que pharmacien, je n’entends pas jouer au médecin à la petite semaine, ni m’accaparer des responsabilités qui ne m’appartiendraient pas. En revanche, je souhaite que les patients que j’accueille dans ma pharmacie soient pris en charge de la meilleure façon possible. Et, à ce titre, les faire bénéficier, dans certains cas, d’un conseil protocolisé et pensé par les autorités sanitaires, suivi – éventuellement ! – d’une délivrance adaptée à leur situation est un service que le système de santé peut et doit leur rendre. 
Je le répète : les pharmaciens sont conscients de leurs compétences et de celles des médecins, et soucieux d’en respecter les contours. Une réforme comme celle-ci ne pourra se concevoir qu’à condition d’être expérimentée dans certains territoires puis dûment analysée au prisme de la santé publique et individuelle. Rendra-t-on service aux patients ? C’est bien tout ce qui compte au final !

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