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Tout sur la toux

Devant une demande de conseil pour une toux, interrogez le patient en détail pour ne pas laisser échapper un facteur de risque ou une pathologie grave en évolution.

Par Alexandra Chopard

Sources : « Prise en charge de la toux chez le nourrisson (enfant de moins de 2 ans) », document Afssaps mis à jour en mars 2011 ; « La toux chronique : principales étiologies et orientations diagnostiques », Grégoire Prévot, service de pneumologie et d’allergologie, Hôpital Larrey, Centre hospitalier universitaire de Toulouse (formation continue, faculté de médecine de Toulouse) : www.dufmcepp.ups-tlse.fr/app_scom/scom_fichier/repertoire/090924150937.pdf ; « Médicaments et classes thérapeutiques à risque iatrogène : études de données françaises et américaines », Audrey Burger, Mustapha Mecili, Thomas Vogel, Emmanuel Andrès, revue Médecine thérapeutique, vol. 17, no 4, octobre-décembre 2011 ; https://www.pneumotox.com : The Drug-Induced Respiratory Disease Website (chercher « Cough » pour Toux).

Reconnaître les signes de gravité

La toux n’est pas toujours un symptôme bénin. Une consultation médicale est indispensable si :

  • la toux est déclenchée par l’effort : elle peut traduire un asthme ou une cardiopathie ;
  • la toux perturbe le sommeil : elle peut être causée par un reflux gastro-œsophagien particulièrement gênant lorsque le patient est allongé ;
  • la toux est associée à une altération de l’état général (perte d’appétit, de poids, fatigue importante) : un bilan global est alors indispensable pour en rechercher la cause ;
  • La toux produit régulièrement des expectorations teintées de sang : une exploration est nécessaire pour écarter un cancer pulmonaire, du larynx…

Une assistance médicale urgente doit être sollicitée :

  • en cas de tachycardie couplée à des expectorations teintées de sang : le diagnostic d’œdème aigu du poumon doit être envisagé ;
  • si la toux sèche est accompagnée de douleurs au niveau de la cage thoracique et de difficultés respiratoires : un pneumothorax est possible et il peut se compliquer rapidement par l’apparition d’une cyanose et d’une tachycardie.

 

Maladies infantiles : y penser !

Avec la défiance devant la vaccination, certaines pathologies peu fréquentes peuvent ressurgir. Attention en particulier si, dans l’entourage du patient, se trouve une personne immunodéprimée, ces maladies sont très contagieuses :

  • la coqueluche est causée par la bactérie Bordetella pertussis. Elle provoque une toux banale au départ, qui s’intensifie au fur et à mesure des semaines. Cette toux devient sévère : elle peut provoquer une cyanose, voire des vomissements. Les quintes peuvent être suivies d’inspirations difficiles provoquant l’émission d’un « chant du coq » ;
  • la rougeole peut aussi provoquer une toux. Causée par un paramyxovirus, cette maladie débute par une fièvre élevée, associée à un catarrhe au niveau ORL et intestinal, des douleurs abdominales… De petites plaques rouges apparaissent ensuite, s’étendant sur plusieurs jours du visage jusqu’aux jambes.

 

Les conseils associés

En complément d’un sirop, galénique très adaptée à la toux car elle tapisse la muqueuse irritée, conseiller au patient :

  • des pastilles à sucer tout au long de la journée, qui stimulent la salivation et limitent les quintes ;
  • un humidificateur d’air qui peut également diffuser des huiles essentielles (attention aux contre-indications) ;
  • une solution hydro-alcoolique pour limiter la transmission manuportée des agents pathogènes ;
  • de s’hydrater régulièrement, de surélever sa tête de lit et de limiter radicalement le tabac.

 

Chez l’enfant de moins de 2 ans

Si recourir aux médicaments nécessite un avis médical pour les enfants de moins de 2 ans, prodiguer des conseils, valables également pour les enfants plus grands, est possible :

  • en cas d’encombrement nasal, laver le nez plusieurs fois par jour, notamment avant les repas et au coucher. Conseiller l’utilisation de sérum physiologique ou d’une solution saline sans huiles essentielles ;
  • bien hydrater l’enfant, en lui proposant souvent à boire ;
  • veiller à maintenir la température de sa chambre à 18-20 °C ;
  • déconseiller fortement le tabac au domicile familial et encourager l’aération ;
  • en prévention, le lavage des mains de tous les adultes s’occupant de l’enfant est indispensable.

 

Et si c’était iatrogène ?

La toux peut être l’effet indésirable d’un médicament. Dans ce cas, les antitussifs sont inefficaces : la toux ne cédera qu’à l’arrêt du traitement incriminé. Parmi les molécules le plus souvent impliquées se trouvent les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (captopril, lisinopril…). Les gliptines comme la sitagliptine, la saxagliptine ou la vildagliptine sont également pourvoyeuses de toux iatrogène, tout comme les bêtabloquants, y compris lorsqu’ils sont administrés sous forme de collyre.

À noter : la toux peut survenir précocement mais aussi plusieurs mois après le début du traitement. Devant une toux chronique résistante aux antitussifs, pensez à vérifier les médicaments que prend le patient !

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