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LES LIMITES DU « DECRET SERVICES »

S’il n’est pas aussi complet que prévu, le décret portant sur les « conseils et prestations » à l’officine donne enfin un cadre aux missions des pharmaciens.

© FOTOLIA/ALEXANDER LIMBACH

Ça y est ! Après dix ans d’attente, le Journal officiel du 5 octobre a livré un texte que la profession espérait depuis trop longtemps : le décret consacré aux « conseils et prestations », aussi appelé « décret services ».

Quelques manques

Ce document, plutôt bien accueilli par la profession, dont la FSPF et l’Ordre des pharmaciens, lui fixe officiellement de nombreuses missions : les actions de suivi et d’accompagnement, la prévention et la promotion de la santé, l’évaluation en vie réelle des médicaments ou des dispositifs médicaux mais aussi le dépistage des maladies infectieuses ou non transmissibles et la coordination des soins. De très vastes missions, donc, mais sont-elles à la hauteur des enjeux à venir pour les pharmaciens ? « L’essai est à transformer », analyse dans un communiqué Philippe Gaertner, président de la FSPF. Le syndicat estime ainsi que ce texte crée « les conditions favorables à la rémunération des prestations déjà réalisées à l’officine (préparation des doses à administrer…) et des nouveaux services qui pourront être proposés aux patients, hors champ conventionnel ». Voilà pour les points positifs, mais le décret est par ailleurs lacunaire sur d’autres missions potentielles, pourtant en plein développement. Ainsi, « l’utilisation par le pharmacien d’officine des outils numériques [n’est] pas abordée dans ce décret, à l’heure de la digitalisation de la santé et des négociations conventionnelles sur la télémédecine à l’officine », déplore le syndicat. C’est le cas également de missions comme la gestion des armoires à pharmacie au domicile du patient. Faudra-t-il encore dix ans pour rattraper ce contretemps ?

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