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Une copie à revoir, selon l'Anepf

Les textes réglementaires entérinant la suppression de la première année commune aux études de santé (Paces) et du numerus clausus ont été publiés le 5 novembre.

© adobestock_akuzone

Transformer les études de santé était l’une des promesses de la grande réforme sanitaire du quinquennat d’Emmanuel Macron, baptisée « Ma santé 2022 ». Deux décrets (textes n° 18 et n° 19) et un arrêté (texte n° 20) parus au Journal officiel du 5 novembre engagent cette refonte de la formation des médecins, des pharmaciens, des dentistes et des sages-femmes souhaitée par le président de la République. Ces textes mettent notamment fin à la Paces et au numerus clausus fixant le nombre d’étudiants admis en deuxième année. Toutefois, « les universités pourront, en lien avec les agences régionales de santé et dans le souci de s'adapter au mieux aux besoins des territoires, définir le nombre d'étudiants qu'elles admettent dans les différentes filières », précisent les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur dans un communiqué commun. Dès la rentrée 2020, toutes les universités mettront en place de nouvelles modalités d'accès aux études de santé désormais ouvertes à une plus large diversité de parcours. Les deux ministères soulignent que « les transformations conduites ont quatre objectifs : améliorer l'orientation et la réussite des étudiants, dans la continuité du Plan Étudiants ; adapter les compétences des professionnels de santé aux besoins du système de santé pour soutenir sa transformation ; décloisonner les filières de santé et permettre des temps de formation en commun ; améliorer la qualité de vie et le bien-être des étudiants en santé ».

Déception et désillusion

Un vaste programme qui n’emballe pas franchement les principaux intéressés. La fin du numerus clausus et de la Paces « devait nous permettre de repenser l’entrée dans les études de santé [...] mais aujourd’hui l’heure est à la désillusion », déclarent ainsi d’une seule voix les étudiants en pharmacie (Anepf), en médecine (Anemf) et en kinésithérapie (Fnek). « Devant des textes aussi flous, et l’absence de moyens financiers suffisants de la part de l’État, les seules possibilités que l’on nous offre sont la reproduction de pratiques passées et dépassées », estiment les futurs diplômés, déçus des évolutions proposées par le gouvernement. « La réforme se voulait ambitieuse. Force est de constater qu’elle a, aujourd’hui, perdu de vue ses objectifs », affirment-ils.
De son côté, la Conférence nationale des doyens des facultés de médecine annonce qu’elle pourrait renoncer à mettre en place cette réforme des études pour la rentrée 2020. « Notre déception est immense de voir, malgré les nombreuses alertes, le maintien par le gouvernement de la réduction effective et substantielle – environ 800 millions d’euros d’économies supplémentaires – des moyens financiers pour l’hôpital public, dont une part non négligeable conditionne la formation des futurs médecins », expliquent son président, le Pr Jean Sibilia, et son vice-président, le Pr Djillali Annane.

Par Christophe Micas

8 Novembre 2019

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