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Plan B pour le Levothyrox

La composition de la spécialité de Merck ne changera pas mais d'autres spécialités seront proposées sur le marché français, assure le ministère de la Santé. Reste à savoir lesquelles.

© FOTOLIA/BITSANDSPLITS

 

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a entamé la phase de conciliation pour tenter de mettre fin à la polémique née du changement de formule du Levothyrox. Elle a en effet organisé à la dernière minute une réunion le 6 septembre dernier avec certains représentants des patients et émis deux propositions. La première, mettre sur pied un groupe de travail sur « l'information des patients », dont les contours seront révélés dans les prochaines semaines. Les lacunes dans le relais auprès du public de la commercialisation de cette nouvelle formule, à la fois par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et les professionnels de santé, sont en effet pointées comme une des causes majeures de « l'affaire Levothyrox ». Selon Agnès Buzyn, plus qu'une question sanitaire, il s'agit simplement d'un « problème technique médical et d'information à régler » mais cela « nous interpelle sur la façon dont nous nous parlons ». L'ANSM a tout de même diligenté une enquête de pharmacovigilance – 5 000 déclarations d'effets indésirables liés au Levothyrox ont été effectuées à fin août, dont 765 cas transmis pour enquête – et une analyse d'éventuelles impuretés dans le Levothyrox.

Casser le monopole du Lévothyrox

La seconde proposition de la ministre est plus drastique : tout en excluant tout retour à l'ancienne formule, il s'agirait à terme d'ouvrir le marché français à d'autres spécialités contenant de la lévothyroxine pour casser « le quasi monopole » de la spécialité de Merck. Oui, mais lesquelles ? Interrogé, le ministère de la Santé avance un recours aux génériques sur le marché français... après que ceux-ci en aient été progressivement évincés suite à une restriction de la substitution du Levothyrox et à son exclusion du dispositif « tiers payant contre génériques » dès 2014. Il évoque également un recours plus important aux gouttes de L-Thyroxine, aujourd'hui réservées aux enfants de moins de 8 ans et aux personnes ayant des problèmes de déglutition, ou à une « spécialité du laboratoire Sanofi » actuellement vendue à l'étranger. Pour Beate Bartès, de l'Association Vivre sans thyroïde, les solutions ne manquent pas : « Accélérer la remise sur le marché du générique Biogaran ou recourir à des spécialités d'autres pays, par exemple le Tirosint [laboratoire IBSA, NDLR], des capsules molles avec peu d'excipients, déjà en vente dans plusieurs pays d'Europe et aux États-Unis. » Un front, réuni autour de la députée européenne Michelle Rivasi et de l'Association française des malades de la thyroïde (AFMT), s'étant constitué pour réclamer le retour à l'ancienne formule, la polémique risque encore de durer un temps.

Par Laurent Simon

8 Septembre 2017

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