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L'hôpital dicte sa conduite à la ville

La Drees pointe l'influence de l'hôpital sur le marché des biosimilaires.

© ADOBESTOCK_AMATHIEU

Si pour les génériques, les officinaux disposent d'un droit de substitution, ce n'est toujours pas le cas pour les biosimilaires malgré l'introduction du principe dans la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2014, qui attend toujours son décret d'application. 
Selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), ces molécules affichent encore « une faible présence sur le marché », notamment en ville, malgré un chiffre d'affaires hors taxe (CAHT) de l'ensemble des médicaments biologiques qui a presque doublé entre 2006 et 2018 (s'établissant à 4,4 milliards d'euros).

Surcoût potentiel

Dans ce contexte, que pointe la Drees ? Le fait que l'hôpital soit le premier vecteur de diffusion des médicaments biosimilaires et que le choix des médicaments prescrits à l'hôpital influence leur consommation en ville. Problème : « Les prix diffèrent entre l'hôpital et la ville, et le mode d'achat des médicaments par les hôpitaux ne les incite pas à prendre en compte les tarifs pratiqués en ville », relève le rapport. « L'hôpital négocie l'acquisition des médicaments au meilleur prix, sans prendre en compte leur tarif en ville. » Or, « cet effet des pratiques hospitalières sur la consommation des médicaments de ville peut être source de surcoût pour l'Assurance maladie, si l'hôpital ne prend pas en compte, dans le choix de ses médicaments, son influence sur la ville », prévient la Drees. Une situation qui pourrait donner des idées aux industriels : « Pour les laboratoires, proposer des prix bas à l'hôpital peut donc constituer une stratégie d'implantation indirecte sur le marché de ville. »

Par Hélène Bry

6 Septembre 2019

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