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La prescription pharmaceutique passera-t-elle ?

Le gouvernement envisage de laisser les pharmaciens délivrer certains médicaments sans prescription.

© FOTOLIA/GOROVITS

C’est l’amendement que personne n’avait vu venir. Il a été déposé par Delphine Bagarry, députée LREM, dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2019. Il prévoit qu’« à compter du 1er janvier 2019 et pour une durée de trois ans, à titre expérimental, l’État peut autoriser dans […] deux régions […] la dispensation, par les pharmacies d’officine, de certains médicaments à prescription médicale obligatoire ». Trois pathologies sont évoquées en se basant sur l’exemple suisse : la cystite, la conjonctivite et l’eczéma. Cet amendement a été adopté le 17 octobre dernier [MàJ 29/10/18 : adopté le 17 octobre en commission des Affaires sociales, l'amendement a été rejeté en séance plénière vendredi 26 octobre].

Question de vocable

Pas question pour autant de parler de « prescription pharmaceutique, je suis contre », a expliqué Olivier Véran, député LREM de l’Isère et rapporteur du PLFSS 2019, à une rencontre organisée par l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis). Il s’agit de « conseil protocolisé », guidé par des arbres décisionnels. Le contexte est connu : la remise du rapport Mesnier en octobre dernier proposait ainsi « le triage des petites urgences par les pharmaciens » et la ministre de la Santé Agnès Buzyn a réitéré son intérêt pour ces « délégations de compétences […], on peut imaginer que les médecins et les pharmaciens se mettent d’accord localement », comme elle l’a exprimé au quotidien Les Échos le 23 octobre, évoquant à son tour des affections comme les « infections urinaires, orgelets ou angines ». Côté pharmaciens, on plébiscite la mesure soutenue par l’Ordre des pharmaciens et saluée comme du simple « bon sens » par Philippe Gaertner­, président de la FSPF. Pas de quoi convaincre les syndicats de médecins (CSMF, MG France), qui se sont immédiatement élevés contre cette disposition. Un médecin du Pas-de-Calais cité dans le rapport Mesnier disait ainsi que « le pharmacien, son métier c’est avant tout de vendre des boîtes de médicaments. Chacun son métier ».

Par Laurent Simon

26 Octobre 2018

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