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Bras de fer programmé

C’est totalement réunie que la profession a décidé d’aborder la rentrée prochaine­ et les échéances électorales et conventionnelles de 2017. Cela sera-t-il suffisant pour être entendu ?

La profession rééditera-t-elle la mobilisation exceptionnelle du 30 septembre 2014 sous la bannière « Votre pharmacie est menacée » ?© Nicolas Kovarik

 

Les actions du groupe rassemblant toutes les composantes de la pharmacie d’officine – trois sections de l’Ordre, syndicats, étudiants, représentants des groupements – réuni le 5 juillet dernier à Paris tiennent en trois mots : un manifeste, une consultation et une campagne d’affichage à destination du grand public. Deux ans après la contestation massive de la loi Macron, la profession est donc à nouveau unie pour présenter ses doléances au gouvernement. « Notre seul adversaire, c’est l’indifférence. Il n’est plus acceptable que la pharmacie soit moins bien traitée que les autres », juge Philippe Gaertner, président de la FSPF. « C’est une union jamais ­réalisée », assure Christian Grenier, président du syndicat de groupements Federgy. 

Revendications

Reste à accorder les violons entre des organisations aux sensibilités différentes. En premier lieu, les demandes portent sur l’économie, avec un alignement de la pharmacie sur l’Objectif national de dépenses d’Assurance maladie (Ondam), établi à 1,75 %. Le deuxième point concerne la refonte de la rémunération des pharmaciens, entamée avec les honoraires « à la boîte » effectifs depuis le 1er janvier 2015 qui doivent, selon le collectif, évoluer vers des honoraires de dispensation. « Il faut regarder devant nous, pas derrière ; il y a des choses positives et d’autres qu’il faut améliorer », avance Gilles Bonnefond, président de l’Uspo. Reste à doter la prochaine convention de moyens financiers supplémentaires, ce qui n’est pas gagné de prime abord. Le moment semble bien choisi, la ministre de la Santé Marisol Touraine devant préparer dans les prochains mois la lettre de cadrage pour l’Assurance maladie quant aux négociations de la convention pharmaceutique qui doivent débuter au premier trimestre 2017. Enfin, les participants pointent la fragilité du réseau : avec 50 officines ­fermées au premier trimestre, selon Alain Delgutte, président de la section A de l’Ordre, le rythme ne faiblit pas. À quelques mois de la présidentielle et des négociations conventionnelles, il semble donc qu’il soit grand temps pour les pharmaciens « de l’ouvrir ».

8 Juillet 2016

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