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Philippe Besset

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

Une année combative

L’année commence à peine mais les pharmaciens, mobilisés comme jamais, sont déjà épuisés. Et pour beaucoup écoeurés. La possibilité offerte à la grande distribution de vendre des autotests jusqu’au 31 janvier est un coup de poignard dans le dos. Depuis des mois notre profession a toujours répondu présent pour fabriquer des solu­tions hydroalcooliques, délivrer les masques du stock État aux profession­nels de santé et aux per­sonnes fragiles et surtout dépister et vacciner, y compris le dimanche. Cette décision est pure­ment et simplement incompréhensible et insen­sée car la délivrance de ces autotests ne peut se faire sans être accompagnée de recommanda­tions sur la conduite à tenir en cas de résultat positif. À moins que nos autorités sanitaires pensent confier cette mission aux hôtesses de caisse, quand elles n’ont pas disparu… Dès l’annonce de cette mesure, la FSPF a immédia­tement saisi le cabinet du ministre de la Santé pour exprimer son incompréhension et sa colère et rappelé qu’il y a quelques mois encore, Olivier Véran promettait, lors du Congrès des pharma­ciens de Lyon, que la future convention actuel­lement en discussion serait « ambitieuse dans le sens du rôle pivot du pharmacien en santé publique ».

« La crise sanitaire
ne peut être
un prétexte pour faire
n’importe quoi. »

L’autorisation faite aux GMS de vendre des autotests est ubuesque et à des années-lumière des déclarations du ministre. Certes, grâce à notre mobilisation, nous avons obtenu que le gouvernement mette enfin en place une stratégie de dépistage et d’isolement cohérente incluant l’usage de ces autotests. Mais dès le 1er février, cette autorisation doit prendre fin une bonne fois pour toutes ! La crise sanitaire ne peut être un prétexte pour faire n’importe quoi surtout quand il s’agit de la santé de nos conci­toyens. Déjà, une nou­velle menace d’ouverture du capital avait plané avec le projet de loi en faveur de l’activité pro­fessionnelle indépendante. Nous sommes heu­reusement parvenus à l’écarter. La campagne pour l’élection présidentielle qui démarre sera l’occasion de rappeler aux candidats que le monopole, la réserve du capital aux seuls phar­maciens et la loi de répartition démogéographique ne sont pas là pour faire plaisir aux officinaux mais pour garantir la sécurité des patients. Nous les interrogerons précisément sur leurs intentions concernant ces piliers du modèle officinal français qui s’est montré si précieux en temps de crise. Mais soyons clairs, nous n’attendons pas des réponses, mais des engagements.
Malgré cette période difficile, je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne année 2022.

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