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Philippe Gaertner

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

© Miguel Medina

Regarder droit devant

Fin de la séquence : le ministre de l’Économie Emmanuel Macron va bientôt présenter au Parlement « son » projet de loi Activité, dont les pharmaciens ont été pratiquement exclus, et Arnaud Montebourg est revenu sur les bancs des facultés pour devenir entrepreneur. Nul doute qu’il aura compris, une fois diplômé, toutes les difficultés qui sont les nôtres en tant que chefs d’entreprise. Pour autant – et je le répète depuis le départ –, nous ne baisserons pas la garde. Si la loi Macron ne semble concerner les pharmaciens qu’à la marge, la profession a dorénavant les yeux tournés vers la loi Santé. Le rapport Ferrand – encore un rapport ! – a en effet avancé quelques propositions intéressantes nous concernant… et d’autres beaucoup plus critiquables.

« Internet ou pas,
le pharmacien doit
demeurer maître
de sa dispensation. »

Parmi les avancées indéniables, la suppression du seuil de 5 % pour l’entrée des adjoints au capital des officines ou l’effort de simplification sur les transferts, regroupements et rachats des officines. Effort que nous appelons de nos vœux depuis des années… mais qui ne se fera pas sans un remodelage fiscal. La balle est maintenant dans le camp des services de Michel Sapin, au ministère des Finances, pour nous accompagner dans cette évolution du réseau ! J’avais volontairement commencé par les bonnes nouvelles, reste maintenant les inquiétudes soulevées par ce rapport, en particulier celles liées aux médicaments sur Internet. En autorisant sans contrôle la séparation entre pharmacies « en dur » et sites de vente, le législateur se tromperait lourdement. Je le dis clairement : nous sommes prêts à évoluer sur le sujet, mais le pharmacien à son comptoir – qu’il soit réel ou virtuel – doit demeurer maître de la dispensation de bout en bout. On ne peut néanmoins que se féliciter que la santé publique soit revenue au centre des préoccupations de nos politiques ces derniers mois… Cela n’a aucune raison de changer et, croyez-moi sur parole, nous y serons attentifs.

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