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Philippe Gaertner

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

© Miguel Medina

Prêts pour la vaccination !

Quelques semaines après ce qui devait être le cataclysme annoncé par certains, que s’est-il passé en réalité ? Réponse : rien. Ou si peu : à part quelques dizaines de factures rejetées sur les 2 millions émises chaque jour, aucun problème n’est à signaler. Nous sommes tous aujourd’hui – vous, moi et même ceux qui s’étaient érigés contre – des pharmaciens rémunérés aux honoraires. En attendant la seconde étape – le passage à 1 euro par boîte au 1er janvier 2016 – il est temps de laisser de côté les arguties stériles pour prendre en main l’avenir de la profession et faire évoluer encore la rémunération mixte. 

« La vaccination
à l’officine ne se
ferait au détriment
de personne. »

Les débats s’enchaînent sans toujours laisser le temps à la réflexion mais un sujet a dû attirer votre attention depuis quelques semaines : la vaccination à l’officine. La FSPF s’est à plusieurs reprises – et je le refais aujourd’hui – montrée volontaire pour permettre le suivi des vaccinations et la pratique des rappels directement dans les pharmacies. Pourquoi ? Premièrement parce que cela fonctionne. Les expériences étrangères (Angleterre, Portugal…) le prouvent : quand les patients ont la possibilité de se faire vacciner, contre la grippe par exemple, directement à l’officine, ils le font. Et la couverture vaccinale s’en trouve renforcée, alors qu’elle est en chute libre en France depuis quelques années. Mais il y a une autre raison, qui me tient à cœur en tant que représentant interprofessionnel : cette démarche ne se ferait au détriment de personne. J’entends – et comme je les comprends en ces temps de crise ! – les inquiétudes des autres professionnels de santé. Infirmiers, médecins… à chacun son travail, ces choses sont acquises et ne seront remises en cause d’aucune manière. 
Encore une fois, regardons les expériences étrangères. Les patients qui accepteraient la vaccination officinale « échappent » de toute façon à tous les autres professionnels de santé : trop pressés pour prendre rendez-vous chez le médecin, trop « bien portants » pour être pris en charge par des infirmiers dont le rôle premier est l’accompagnement des patients chroniques… Nous voyons 3 à 4 millions de personnes par jour dans nos officines, ce qui fait de nous de véritables hubs de santé publique. Il y a de la place pour tous au service de cette grande cause. Alors pourquoi se priver de l’apport des pharmaciens et prendre le risque de voir la couverture vaccinale diminuer encore dans les années à venir ?

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