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Philippe Gaertner

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

© MIGUEL MEDINA 

Mon dernier édito

En 2031, douze années se seront écoulées depuis aujourd’hui. Douze ans, c’est également la durée de mes quatre mandats consécutifs à la tête du premier syndicat de titulaires d’officine. Douze ans qui m’ont permis de constater à quel point une profession que l’on dit passéiste et conservatrice a su faire preuve d’anticipation et embrasser son avenir. 
Honoraires pharmaceutiques, vaccinations à l’officine ou bilans de médication… Je suis fier d’avoir apporté ma pierre à cet édifice. On ne mesurera réellement que dans quelques années la profonde mutation que ces « nouvelles missions » ou la réforme de notre rémunération auront imprimé à la profession. Ce qui semblait encore être de la science-fiction en 2007 est aujourd’hui déjà de l’histoire ancienne pour la génération montante des adjoints et titulaires, pour qui réaliser un entretien pharmaceutique est tout naturel. 

« Ce qui semblait
de la science-fiction
en 2007 nous semble
aujourd’hui naturel. »

On dit souvent que l’histoire s’inscrit dans la géographie. Eh bien la géographie des officines a changé en quelques années et son avenir se dessine aujourd’hui dans tous les espaces de confidentialité qui n’existaient pas encore en 2007. Si l’on continue à ce petit jeu de la prospective, étant donné la vitesse à laquelle les choses évoluent, jusqu’où la profession pourra-t-elle aller ? Le « télésoin », bientôt inscrit dans la loi, nous montre que les frontières de la pharmacie ne s’arrêteront bientôt plus à ses murs et que nos compétences pourront se téléporter directement chez le patient ou le professionnel de santé qui en aura besoin, au moment précis où il en aura besoin. 
On se prend évidemment à rêver mais si nous pouvons en repousser les murs, il ne faudra sous aucun prétexte que les officines deviennent hors-sol. Ma conviction est inébranlable : notre ancrage dans les territoires est en réalité notre substrat, notre principale force, en un mot notre raison d’être. Perdre les petites officines en milieu rural, c’est perdre notre crédibilité et, au final, notre combat pour préserver ce modèle adapté à notre pays fait de régions, de territoires et de contrées si disparates et pourtant si homogènes. Alors en 2031, je ne sais pas où je serai, mais au vu des douze années passées en votre compagnie, j’ai bon espoir de savoir o0ù vous serez. C’était un honneur de vous servir.

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