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« Le médicament est un bien commun »

Décrochant de justesse ses parrainages, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) peut concourir et poursuivre sa lutte contre les profits, au bénéfice de ceux qui paient les mesures d’austérité. Pharmaciens inclus.

Par la rédaction

© Joël Saget

#fermetures Grâce aux quotas, la couverture du territoire en pharmacies n’est pas aussi inégalitaire que l’est la répartition des médecins. Cependant, au sein des grandes villes, on constate souvent une concentration des officines dans les centres-villes et leur absence dans certains quartiers populaires, expliquant en partie les faillites et fermetures. Et si les assurés sociaux sont les premières victimes des politiques d’austérité, par ricochet des pharmaciens sont aussi touchés : le chômage de cette profession est désormais élevé tandis que l’industrie pharmaceutique se porte fort bien ! Nos vies valent plus que leurs profits. Nous sommes donc contre la fermeture des pharmacies, indispensables au maillage santé de tous les territoires, surtout les plus fragilisés. Farouchement contre.

#déserts Les déserts médicaux s’étendent et créent des déserts pharmaceutiques. L’avenir de la médecine générale n’est pas dans le paiement à l’acte et la liberté d’installation ; celui de la pharmacie n’est pas dans le modèle commercial actuel. Nous proposons de créer un service public de santé de proximité avec des centres pluridisciplinaires, financés par la Sécurité sociale, répartis sur tout le territoire et qui rassemblent tous les professionnels de santé.

« Nous proposons
un service public
de santé de proximité,
rassemblant tous
les professionnels. »

Les pharmacies doivent être intégrées à ce service, et pharmaciens et préparateurs doivent non seulement délivrer des médicaments et matériels pharmaceutiques mais leur rôle doit être renforcé pour l’information, la prévention et l’éducation à la santé, en lien avec les acteurs concernés.

#missions Si les prix de certains médicaments baissent, d’autres explosent. Les pharmaciens y sont souvent perdants. Soit ils deviennent de vplus en plus dépendants des groupes pharmaceutiques ou de la grande distribution, ce que nous refusons. Soit ils se recentrent sur leur cœur de métier – la prise en charge pharmaceutique des patients, l’éducation thérapeutique, le dialogue avec les médecins sur les prescriptions et, sur cette base, exigent une rémunération ad hoc –, et c’est la solution que nous préconisons. Elle leur permettrait d’être beaucoup moins commerçants et beaucoup plus pharmaciens !

#baissesdeprix Surprofits sur le dos des malades et de la Sécurité sociale, pathologies des pays du Sud oubliées, scandales de santé, alertes négligées, corruption des décideurs de santé… Il faut mettre fin au pouvoir des actionnaires. Le médicament est un bien commun ; il doit nous appartenir à travers un service public du médicament !

#leclerc Nous sommes contre la délivrance de médicaments en grandes surfaces, une logique marchande qui favoriserait encore la fermeture des petites officines.

#capital Nous sommes évidemment contre l’entrée de capitaux extérieurs à la profession, qui privilégierait encore plus les intérêts des laboratoires au détriment de la meilleure balance bénéfices/risques. 

Philippe Poutou et son équipe n’ont pas répondu à l’intégralité de nos questions, « préférant apporter une réponse globale pour montrer la cohérence de [leur] démarche ».

L’essentiel de son programme

SANTÉ

  • Rembourser les soins, ville ou hôpital, et les médicaments prescrits et utiles à 100 %, donc supprimer les complémentaires santé, franchises et forfaits, et interdire tout dépassement d’honoraires.
  • Baisser le prix des médicaments, instaurer une expertise indépendante, en finir avec leur promotion par des visiteurs médicaux, exiger une formation médicale indépendante et des essais cliniques transparents, publics et consultables.
  • Réquisitionner l’industrie pharmaceutique.
  • Faire gérer la Sécurité sociale par les assurés sociaux.

ENTREPRISE

  • Supprimer le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).
  • Passer aux 32 heures sur quatre jours sans perte de salaire.
  • Augmenter le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) à 1 700 euros nets, et augmenter tous les salaires de 300 euros.
  • Interdire les licenciements, imposer le contrat à durée indéterminée (CDI).

 

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