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Philippe Gaertner

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

© Miguel Medina

L’instant décisif

J’écris cet éditorial au retour du Congrès des pharmaciens de Nantes, porté par son succès, avec une pensée à l’esprit : il est des moments où, dans la vie politique, professionnelle ou personnelle, les astres sont alignés. Ils sont plutôt rares, convenons-en. Mais quand ils surviennent, tout doit être entrepris pour obtenir le meilleur résultat. C’est un de ces moments que nous pourrions bientôt vivre en tant que pharmaciens d’officine. 
Les trois conditions du changement sont réunies : la profession a la volonté de se réformer, ses représentants unis ont la capacité de porter cette volonté et le ministère de la Santé s’est engagé lors de ce congrès à nous donner les moyens de le faire, dans le cadre d’un partenariat pluriannuel avec l’Assurance maladie. Une conjonction nécessaire pour porter les honoraires ou la rémunération à la performance vers une nouvelle étape. Par la persuasion et avec le soutien de la profession, nos dirigeants ont compris que les officines ne pouvaient plus être indéfiniment les victimes collatérales des baisses de prix, qui nous empoisonnent la vie depuis trop longtemps. 

« Il est des moments
où les astres sont
alignés. C’est un
de ces moments que
nous vivons. »

Je le répète : nous sommes prêts à assumer notre part de l’effort dans le redressement des comptes sociaux mais nous ne paierons désormais plus la part des autres. Je ne vous promets évidemment pas la disparition des baisses de prix – personne ne le pourrait – mais je m’engage à demander pour la pharmacie une rupture avec notre dépendance au prix et au volume des médicaments lors des prochaines négociations avec l’Assurance maladie. Son directeur général, Nicolas Revel, avec qui la discussion a été franche et sincère jusqu’à présent, nous a donné des assurances sur ce point. Mon souhait est que cette qualité de dialogue perdure tout au long de la négociation de la convention pharmaceutique prévue au premier trimestre 2017. 
Il y aurait évidemment d’autres sujets que j’aurais aimé traiter : la vaccination à l’officine ou la substitution des biosimilaires, deux mesures phare actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. Mais la place m’est comptée. Alors je me contenterai de me satisfaire de la forte participation au congrès de Nantes et de la qualité des échanges qui s’y sont tenus, à la fois entre pharmaciens et avec les acteurs de la politique de santé. Souhaitons que ces éléments fassent de 2017 une année meilleure que 2016.

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