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Les antidouleurs souffrent

L’OTC est en berne et le segment des analgésiques ne fait pas exception. Les marques historiques font la course en tête mais l’approche naturelle constitue une opportunité de conseil associé.

Par Alexandra Chopard

Paracétamol, ibuprofène et aspirine n’ont pas le vent en poupe. À l’image du marché global de l’automédication, ces molécules voient leurs ventes hors prescription chuter sérieusement. Entre août 2018 et août 2019, le chiffre d’affaires (CA) de ce segment « antalgiques généraux » a perdu 3,5 % à plus de 1,2 milliard d’euros et le nombre d’unités vendues a reculé de 4,7 % (données Iqvia). Une tendance qui ne fait que confirmer celle observée sur l’ensemble de l’année 2018 : le segment « antalgie en automédication » avait alors perdu 6,6 % en CA (données Afipa). En cause ? « Le relistage de certains médicaments, la baisse structurelle du trafic en officine et le décalage de l’épisode grippal en début d’année », selon l’Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa).

Maturité

Le marché des médicaments antidouleurs conseil est mature : les références qui comptent sont loin d’être des innovations. Toutefois, il en va autrement des alternatives naturelles proposées dans les troubles du cycle et les maux de tête : les candidats sont plus récemment installés et le marché moins stable. Les meilleures performances sont obtenues par les laboratoires historiques, Sanofi en tête avec Doliprane, Upsa avec Dafalgan et EfferalganMed. Il faut descendre juqu’à la 12e place du classement des CA pour identifier un générique, en l’occurrence celui de Biogaran. Mylan pointe, lui, au 14e rang. Cette hégémonie des spécialités aux noms de fantaisie illustre bien l’efficacité du concept de marque pour limiter la menace que représentent les génériques dans le marché OTC.

Doses à surveiller

Côté molécules, le paracé­tamol est le grand gagnant. Il monopolise le top 10 des CA générés. L’ibuprofène fait irruption à la 11e place, avec Nurofen­Flash comprimés pelliculés (Reckitt Benckiser). Son CA en cumul annuel mobile arrêté à août 2019 (données Iqvia) s’élève à 32 millions d’euros, soit plus de trois fois celui de ses outsiders, Nurofen comprimé et Spedifen (Zambon). L’aspirine fait moins recette : les comprimés effervescents 1 000 mg Upsa ne dégagent qu’un peu moins de 6 millions d’euros de CA. Un point commun émerge cependant : les plus vendues sont celles qui apportent les doses maximales par prise. Une constatation qui fait tiquer à l’heure où la lutte contre les risques de surdosage est au centre des débats, avec la proposition de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) de sortir ces spécialités de la zone en libre accès.

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