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Philippe Gaertner

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

© MIGUEL MEDINA 

Le grand virage

Les réformes ne sont réussies qu’à deux conditions : de l’audace et de la persévérance. 
L’audace, ce sont les pionniers qui l’insufflent à ceux qui les suivront ; la persévérance, ce sont les opiniâtres qui la transmettent. La profession poursuit aujourd’hui le grand virage entrepris depuis quelques années et c’est l’heure du passage de témoin entre les premiers et les seconds. Je n’ignore pas les difficultés auxquelles sont confrontés quotidiennement les pharmaciens dans l’exercice de leur fonction, qu’elles soient économiques ou professionnelles. Mais ce qui se joue à l’heure où je vous parle est crucial. Nous saurons dans quelques années si les « nouvelles missions », comme on les appelle depuis déjà 2009, sont notre avenir ou une expérimentation sans lendemain. 

« Vaccination,
entretiens…
nous ne devons
plus jamais
tourner le dos
à cet idéal. »

Ma conviction, vous la connaissez : réaliser un entretien pharmaceutique ou vacciner à l’officine était à proprement parler de la « santé-fiction » il y a encore quelques années et, même si cela semble tout naturel à la génération montante, ceux de la mienne peuvent apprécier le chemin parcouru. Il reste pourtant tant à faire… Je veux bien sûr évoquer les bilans de médication mais aussi les entretiens d’accompagnement des patients sous chimiothérapie orale qui sont l’exemple parfait de ce que je veux illustrer ici. Au moment de ce passage de témoin, les pionniers devront une fois de plus montrer l’exemple avec ces médicaments pointus, onéreux, destinés à des patients en grande souffrance psychologique sinon physique. 
C’est cette voie et aucune autre que la profession doit suivre sans plus jamais se retourner. Personne – ni les patients, ni les médecins, ni l’Assurance maladie – ne comprendrait que nous tournions le dos à cet idéal, celui d’une pharmacie dévouée à ses patients. Mais cette ambition, nous ne la réaliserons pas seuls : les pouvoirs publics devront nous soutenir, tout comme nos confrères médecins, que ce soit en actes ou en paroles. Sur le terrain, les alliances se nouent déjà autour des patients ; à nous, représentants de nos professions ou de l’État, d’en être les témoins et les accompagnateurs.

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