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Le générique chatouille les antiallergiques

Si les patients font confiance aux marques, les génériques et dispositifs médicaux tentent de se distinguer sur un marché de l’allergie dominé par la cétirizine.

Par Alexandra Chopard

Rien ne semble perturber le marché de l’allergie en OTC. Pourtant très dépendant de la météo – les pollens allergisants restant au sol lors des intempéries –, il a vu son chiffre d’affaires (CA) pour 2017 à peine reculer après un printemps pluvieux (– 0,02 % sur l’année, selon Iqvia). Sur la même période, on note une croissance des volumes, bien que limitée (+ 1,19 %). Des données qui font s’interroger sur une potentielle augmentation du nombre de Français gênés par les allergènes aériens, voire sur le rôle de la pollution, qui pourrait renforcer la sensation de gêne ou rendre l’allergie moins supportable. 
Les patients étiquetés allergiques maîtrisent en tout cas leur sujet : dès les premières alertes aux pollens (voir encadré ci-dessous), ils terminent les antihistaminiques prescrits par leur médecin au printemps précédent. Et, en début de saison, les officinaux voient défiler ceux qui, par flemme de retourner consulter, parce que leur allergie est modérée et qu’ils ont compris qu’il s’agissait de la même molécule, viennent compléter leurs réserves, faisant le succès commercial du Zyrtecset (voir graphe ci-dessus) : « Les patients connaissent très bien Zyrtec en prescription, explique Laurent Chadefaux, directeur des marques UCB Pharma. Zyrtecset bénéficie d’un capital de confiance très élevé. » Mais le marché OTC de l’allergie a ceci d’original qu’il fait la part belle aux génériques : la cétirizine de Mylan est la deuxième référence en nombre d’unités sur 2017, quatrième en CA. Biogaran et Sandoz figurent plus loin dans le classement. Urgo mise aussi sur la cétirizine, avec Humex Allergie : cette spécialité est la troisième référence OTC la plus vendue. À noter que Cooper place Alairgix sur la cinquième marche du podium en nombre d’unités.

Maintenant la prévention

Parmi les galéniques proposées, le comprimé a la préférence des patients, représentant 68 % des unités vendues contre 1 % pour la forme sirop. Il constitue également le segment le plus dynamique, avec + 1,94 % en CA et + 2,69 % en nombre d’unités vendues en 2017. Sprays et collyres se partagent équitablement le reste du marché (respectivement 15 et 16 % des ventes). C’est pourtant un spray nasal, à la formulation originale, qui se hisse à la deuxième place des incontournables du marché : Humex Rhume des foins ne contient pas d’antihistaminique mais de la béclométasone (à partir de 15 ans), seule référence en contenant à être disponible sans ordonnance. Ce spray dégage ainsi le deuxième meilleur CA sur 2017, encadré par les deux références en matière de cétirizine, Zyrtecset et Humex Allergie. Par ailleurs, des collyres permettent de prendre en charge les symptômes oculaires : Allergiflash (Chauvin Bausch & Lomb) fait la course en tête devant Opticron (Cooper). Sur l’ensemble du marché de l’allergie, Allergiflash est la cinquième référence OTC en termes de CA : un bel encouragement à diversifier les galéniques. 
Enfin, d’autres marques abordent ce marché sous l’angle de la prévention, de la naturalité et… du dispositif médical. Humer a ainsi présenté en février Stop Allergie, un spray nasal agissant comme un bouclier contre les allergènes aériens. Allergyl (Gilbert) mise sur le même mode d’action. L’année 2018 verra-t-elle la prévention se développer aux dépens des antihistaminiques ? Difficile à prévoir, d’autant que le match pourrait être annulé pour cause de pluie.

Des outils à partager avec vos patients

Imprimable chaque semaine depuis le site Pollens.fr, la carte de vigilance des pollens indique le risque d’allergie (de 0 à 6) par département et liste les pollens libérés dans l’environnement (cupressacées, aulne, peuplier, graminées…). Des applications digitales peuvent également aider vos patients : Alertes Pollens (développée par Stallergenes), i-pollen (Urgo)… Certes perfectibles, elles permettent de recevoir des alertes géolocalisées. Le patient peut aussi tenir un journal de ses symptômes pour vérifier ou mettre en évidence une corrélation entre son ressenti et la présence d’un allergène spécifique.

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