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L’algie vasculaire de la face

Invalidante, l’algie vasculaire de la face est souvent confondue avec d’autres pathologies. Voici comment lutter, par l’information, contre le sous-diagnostic.

Par Alexandra Chopard

L’algie vasculaire de la face provoque une douleur intense unilatérale au niveau de l’œil. Elle est souvent confondue avec la migraine.© MAGICMINE

Qu’est-ce que l’algie vasculaire de la face (AVF) ?

Il s’agit, comme la migraine, d’une céphalée primaire, non consécutive à une lésion ou un choc. Le patient ressent une douleur extrêmement forte centrée sur l’œil, toujours unilatérale et très souvent du même côté. La crise s’accompagne de certains signes végétatifs également homolatéraux, comme un larmoiement, une injection conjonctivale, un œdème de la paupière, une congestion nasale ou une rhinorrhée, une transpiration du front ou du visage… Elle touche surtout les hommes jeunes : l’âge moyen de début des crises est de 30 ans.

Sources : chapitre « Neurologie et psychiatrie », cours de pharmacologie du CHUPS de Jussieu ; « Migraine, névralgie du trijumeau et algies de la face », basé sur le référentiel de neurologie, collège des enseignants de neurologie (CEN) ; Item 262 Migraine et algies de la face, enseignement de neurologie DCEM3, faculté de médecine de Toulouse ; documentation de l’Association française contre l’algie vasculaire de la face (www.afcavf.org) ; « Prise en charge diagnostique et thérapeutique de la migraine chez l’adulte et chez l’enfant : aspects cliniques et économiques », HAS ; documentation de la Société française d’étude des migraines et céphalées (www.sfemc.fr).

Physiopathologie

Lors d’une crise, une zone cérébrale en lien avec l’hypothalamus fonctionne anormalement. Elle active les structures responsables de la douleur de la face et, par réflexe, le système nerveux végétatif, ce qui entraîne les signes vasosécrétoires (larmoiements, etc).

RECONNAÎTRE UNE AVF

L’algie vasculaire de la face est parfois confondue avec une crise de migraine, conduisant à une prise en charge inadaptée et un soulagement incomplet des patients.

  • Contrairement à la migraine, l’AVF provoque des crises algiques se succédant au rythme de 2 à 8 par 24 heures et persistant durant 15 minutes à 3 heures, lorsqu’une migraine dure volontiers de 4 à 72 heures et peut récidiver plusieurs fois par mois.
  • Durant une crise d’AVF, le patient est actif, voire agité, alors qu’à l’inverse le migraineux recherche calme, silence et repos.
  • Les migraines ne provoquent pas de signes vasosécrétoires. D’autres confusions diagnostiques sont courantes, notamment avec des infections dentaires, des sinusites, des pathologies de la mâchoire, voire des pathologies ophtalmiques…

 

Prise en charge

La prise en charge se fait en deux temps : soulagement de la douleur au moment de la crise, puis établissement d’un traitement de fond pour limiter leur fréquence.

  • Traitement de la crise : les recommandations valident le sumatriptan injectable (Imiject, médicament d’exception) avec un maximum de deux injections par jour et/ou l’oxygénothérapie au masque, prescrite obligatoirement par un neurologue, un ORL ou un médecin travaillant en centre antidouleur.
  • Traitement de fond : en l’absence de traitement spécifique de l’AVF, le traitement recommandé est le vérapamil, à des posologies importantes dans cette indication précise : 120 mg 3 à 4 fois par jour, pouvant être portées jusqu’à 960 mg/jour. Sont parfois proposées des injections sous-occipitales de corticoïdes visant le grand nerf occipital. Dans les formes chroniques pharmacorésistantes, la stimulation du grand nerf occipital (bilatérale) peut être proposée après prise en charge et avis d’une équipe spécialisée multidisciplinaire.

 

Favoriser un bon suivi

L’AVF est une pathologie mal diagnostiquée, la douleur n’est pas toujours soulagée efficacement, poussant le patient à une surconsommation d’antidouleurs : au comptoir, il convient donc de rester vigilant devant des demandes répétées.

Lors de la délivrance du traitement, ne pas hésiter à aborder avec le patient la fréquence de ses crises, l’efficacité du traitement et son besoin de faire évoluer les posologies. La tenue d’un agenda des crises peut lui être suggérée (à télécharger sur www.sfemc.fr).

Parfois, la prise en charge proposée devant une douleur importante de la face va sembler soulager le patient… sauf que, la crise d’AVF étant spontanément résolutive dans un laps de temps assez court, le médicament pourra être considéré comme efficace alors même qu’il est inadapté.

En cas de récidive d’une crise douloureuse, conseiller au patient de consulter un neurologue qui réalisera un diagnostic différentiel fiable.

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