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Différencier son conseil

La délivrance de bas ou chaussettes de compression nécessite des conseils spécifiques selon le profil des patients. Les maîtrisez-vous ?

Par Séverine Souraud

Société française d’hypertension artérielle (SFHTA), Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG), Vidal, groupe de travail « Femmes et poumon » de la Société de pneumologie de langue française (SPLF), Omédit centre, documentation des laboratoires.

Chez la femme enceinte
© adobestock_ivector

Chez la femme enceinte


Difficultés d’enfilage, inconfort, méconnaissance de l’intérêt d’une telle pratique, de nombreuses femmes enceintes ne portent pas, ou arrêtent précocement, leur contention. Or celle-ci est indiquée lors de toute grossesse et dans ses suites, ce qui n’est pas encore assez connu de l’ensemble des professionnels de santé.
L’objectif de cette prise en charge est de prévenir une thrombose veineuse profonde. En effet, la grossesse provoque une compression de la veine iliaque gauche par l’utérus, des modifications de la paroi veineuse sous l’influence des œstrogènes et des modifications de l’hémostase. Le risque thromboembolique est augmenté à tous les stades de la grossesse ainsi qu’en post-partum, période pendant laquelle il est majeur. Il sera encore plus élevé après une césarienne qu’après un accouchement naturel. Sans prévention adéquate, 1 grossesse sur 1 000 risque de se compliquer. L’embolie reste l’une des causes principales de décès en périnatalité.

  •   La Haute Autorité de santé (HAS) recommande le port d’une compression durant toute la grossesse, dès le premier mois. Elle conseille également de la poursuivre durant six semaines après l’accouchement par voie naturelle et six mois après une césarienne.
  •   La contention sera mise au réveil et portée durant la journée. Il est possible de la conserver également la nuit si la patiente le souhaite, même si c’est peu pertinent du point de vue de l’efficacité.
  •   Pas de différence d’efficacité entre les bas, les collants et les chaussettes. La patiente peut opter pour des collants en préférant les modèles adaptés à la grossesse : Innothera Smartleg BB, Thuasne Venoflex Kokoon Absolu, Sigvaris collant maternité…

Lors d’une chirurgie


Lors d’une intervention chirurgicale à risque thrombo­embolique veineux, en plus d’une mobilisation précoce et d’une bonne hydratation, le port d’une contention est préconisé. On parle de prophylaxie mécanique, en complément éventuel d’une prophylaxie médicamenteuse.

  • On délivrera des bas ou des chaussettes, de préférence à pied ouvert (examen des orteils possible si nécessaire, meilleure tolérance la nuit). La classe 2 est préconisée. 
  • L’enfilage se fait dès l’arrivée au bloc, sauf en chirurgie orthopédique où l’enfilage est réalisé à la sortie du bloc opératoire.
  • Le port est continu (jour et nuit) pendant un temps variable selon le type de chirurgie (de sept jours pour une chirurgie à faible risque jusqu’à sept semaines en cas de prothèse de hanche ou de genou, de chirurgie abdominale ou bariatrique…) et les facteurs de risque du patient (cancer, alitement, antécédents de thrombose…).

En cas d’hypotension orthostatique


L’hypotension orthostatique se définit par la diminution de la pression artérielle (PA) systolique d’au moins 20 mm Hg et/ou de la PA diastolique d’au moins 10 mm Hg survenant dans les 3 minutes suivant le passage en position debout. Sa prévalence augmente avec l’âge ; elle concerne 16 % des patients de plus de 65 ans et favorise les chutes.
Si son origine est secondaire à une hypovolémie, la contention des membres inférieurs est l’une des mesures non médicamenteuses efficaces à mettre en place avec le port de chaussettes ou de bas selon la préférence du patient, au minimum de classe 2, pendant la journée.
Rappelez au patient les conseils associés : 

  •  augmenter la ration en sel et en eau ;
  •  éviter le lever rapide et la station debout prolongéev;
  •  limiter la prise de boissons alcoolisées ainsi que l’exposition aux températures élevées ;
  •  surélever la tête du plan du lit de 10° ;
  •  maintenir autant que possible l’activité physique ;
  •  en cas d’hypotension orthostatique postprandiale, ­absorber une grande quantité d’eau avant le repas (400 ml).

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