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Dastri se met à l’électronique

L’éco-organisme se lance dans la récupération des dispositifs médicaux électroniques en expérimentant une opération de collecte des pompes à insuline mylife OmniPod.

Par Aurélie Dureuil

© FOTOLIA/ANDREY_ORLOV

C’est une première étape en attendant la mise en place d’une filière de recyclage des déchets d’activités de soins à risque infectieux (Dasri) complexes, ces déchets comportant notamment un dispositif électronique ou une pile. Et ce sont les pompes patch mylife OmniPod, contrôlées par un système de communication sans fil, qui l’étrenneront. Un avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), publié fin août, a en effet autorisé une opération ponctuelle de récupération que mène l’éco-organisme Dastri auprès des officines reconnues comme points de collecte du réseau. Ypsomed SAS, qui commercialise mylife OmniPod, est pour le moment la seule société ayant souscrit à ce service auprès de Dastri. Si, comme le souligne Laurence Bouret, déléguée générale de l’éco-organisme, l’avis du HSCP constitue une avancée dans les travaux « engagés depuis près de deux ans avec l’ensemble des parties prenantes concernées », l’opération doit à présent obtenir l’aval de la commission interministérielle du transport des matières dangereuses. Mais Dastri communique d’ores et déjà auprès des patients par l’intermédiaire des officines, qui peuvent commander ou télécharger le flyer mis à disposition par l’éco-organisme via son site internet.

D’ici au 30 novembre

Si les dispositifs mylife OmniPod sont arrivés sur le marché il y a plus d’un an sans solution de recyclage, la question de leur collecte avait été anticipée. Ainsi, des boîtes de recyclage sont distribuées aux patients par les prestataires de santé à domicile (Psad) avec les pompes patch depuis leur commercialisation. Il leur avait été demandé de stocker ces boîtes, pouvant contenir environ trente pompes patch, en attendant qu’une solution soit trouvée. Maintenant que l’opération de déstockage est lancée, les patients sont appelés à déposer ces boîtes dans une officine point de collecte d’ici au 30 novembre. Les pharmacies, elles, les entreposeront dans un carton jaune vide, les pompes patch ne devant pas être mêlées aux autres déchets. Une fois la date exacte de la collecte connue, a priori courant décembre, le pharmacien devra s’enregistrer sur le site internet de Dastri afin de recevoir les informations pratiques. Un prestataire viendra alors récupérer les boîtes en officine en vue de regrouper l’ensemble des OmniPods usagés sur un seul site, en région Auvergne-Rhône-Alpes, avant leur acheminement la Suisse, où ils seront démantelés. Bien que Dastri ne dispose pas encore de chiffres précis sur la quantité totale de dispositifs concernés, chaque patient change à peu près tous les trois jours de pompe patch ; il remplit donc environ quatre boîtes sur une année. Laurence Bouret rappelle en outre que l’opération est entièrement financée par Ypsomed. Et, surtout, qu’elle constitue un premier pas : « Quand la réglementation nationale le permettra, nous souhaitons mettre en œuvre le recyclage [de toutes les] pompes patchs en France. » 

Pendant ce temps, dans l’ombre…

Le nom de cet éco-organisme ne vous dit peut-être rien, mais Récylum a pourtant collecté 1 550 tonnes de déchets électroniques et électriques en provenance des officines en 2016 (sur les 3 000 tonnes provenant du secteur médical). « Nous collectons indirectement les équipements via les prestataires ou partenaires qui interviennent en officine et massifient les volumes », confie Vanessa Montagne, directrice Partenariats et Développements de Récylum. La liste des équipements en question est longue, depuis les dispositifs loués par les pharmaciens (tensiomètres, par exemple) jusqu’à ceux utilisés à l’officine, pour l’activité pharmaceutique et pour les locaux (enseignes lumineuses…). Une filière invisible, et pourtant la seule agréée pour ces déchets électriques et électroniques professionnels.

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