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Philippe Besset

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

© ANH LENOIR

Coordination toute !

Il y a vingt ans, le droit de substitution générique accordé aux pharmaciens avait déjà marqué un tournant de l’exercice officinal. Mais depuis 2009 et l’adoption de la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires, c’est véritablement un nouveau métier de pharmacien que nous construisons, pierre après pierre. Il a d’abord fallu changer le mode de rémunération avec l’introduction d’une part d’honoraires. Puis tout s’est enchaîné et il semble loin, aujourd’hui, le temps du pharmacien gardien des poisons. 
Désormais, le pharmacien d’officine ne dispense plus seulement des médicaments mais effectue des entretiens pharmaceutiques, des bilans de médication et, dans quelques jours, des injections du vaccin contre la grippe. Dès l’année prochaine, il pourra également dispenser certains médicaments de prescription obligatoire selon des protocoles définis avec les médecins, mais aussi prescrire des vaccins et substituer un médicament d’intérêt thérapeutique majeur par un autre en cas de rupture de stock. Et ce n’est pas tout. En 2020, les officinaux seront appelés à participer à la lutte contre l’antibiorésistance en faisant le tri entre les angines bactériennes et virales grâce à la réalisation de tests rapides d’orientation diagnostique (Trod). 
Nous sommes fiers, à la Fédération, d’avoir porté toutes ces évolutions qui représentent de formidables défis à relever pour la profession, notamment celles ayant trait à la prévention. L’amélioration de la couverture vaccinale contre la grippe et la fin du recours systématique aux antibiotiques est maintenant entre les mains des pharmaciens. Nous n’avons jamais été autant acteurs de l’amélioration de la santé de nos concitoyens. 
D’autres projets nous mobilisent déjà tels la substitution des biosimilaires grâce à un accord avec les médecins et le suivi de l’observance en partenariat avec les prescripteurs et les infirmiers. Je partage la position de notre président de la section A de l’Ordre des pharmaciens, Pierre Béguerie. « L’essentiel aujourd’hui est que les professionnels se réunissent autour du patient et travaillent ensemble avec l’objectif d’améliorer la santé publique », explique-t-il dans notre interview. Ces missions ne seront en effet couronnées de succès que si elles se font en harmonie avec les autres professionnels de santé et en particulier avec les médecins et les infirmiers. Nous serons observés de près et le maître mot pour réussir sera « coordination ».

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