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Bien dispenser l’Autotest VIH

L’Autotest VIH, permettant de détecter le virus de l’immunodéficience humaine, vient d’arriver en officine. Une option de plus pour dépister les 30 000 malades qui s’ignorent en France.

Par Élise Brunet

d’abord, orienter le patient

Le résultat obtenu par l’Autotest VIH ne peut être considéré comme fiable que si la dernière exposition potentielle au HIV remonte à 3 mois ou plus. La question indispensable à poser est donc : « À quand remonte la dernière prise de risque ? » (rapport sexuel non protégé ou accident de préservatif lors d’un rapport sexuel avec une personne infectée par le VIH ou dont le statut sérologique est inconnu, partage de matériel d’injection, exposition accidentelle à un préservatif souillé ou à du sang…).

  • Moins de 48 heures : orienter le plus rapidement possible le patient vers un service d’urgences hospitalières, si possible avec son/sa partenaire afin que soit mis en place un traitement post-exposition de 72 heures minimum. 
    Proposer une contraception d’urgence si nécessaire.
  • Entre 48 heures et 3 mois : orienter le patient vers le médecin traitant, une consultation spécialisée (infectiologue en ville ou à l’hôpital par exemple), un CDAG ou un CIDDIST (voir ci-dessous l'encadré « Contacts utiles à l'officine »). En effet, certains examens de laboratoire ou en centre de dépistage permettent une détection virale 10 jours à 6 semaines seulement après l’exposition. Recommander d’utiliser des préservatifs et d’éviter toute conduite à risque de transmission du virus. Proposer une contraception d’urgence si nécessaire.
  • Trois mois ou plus : l’Autotest VIH peut être conseillé si le patient ne souhaite / ne peut pas bénéficier d’une prise en charge médicale dans un premier temps.

MÉMO

  • L’autotest est à usage unique.
  • La réalisation de l’autotest, effectuée en 30 minutes en moyenne, ne nécessite pas d’autre matériel que celui qui est fourni dans le kit (voir notre article « Bien utiliser l'Autotest VIH »).
  • L’Autotest VIH peut être réalisé à tout moment de la journée.
  • Il permet seulement la détection des anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2 (sans toutefois différencier le type d’infection). Il ne doit pas être utilisé pour suivre l’efficacité d’un traitement antirétroviral, ni pour dépister d’autres maladies sexuellement transmissibles.
  • Seuls les antirétroviraux peuvent modifier le résultat du test.
  • Sida Info Service propose une information sur le VIH et l’Autotest VIH 24 h/24 et 7 j/7, et met à disposition des interprètes professionnels.

► Dispenser l’ensemble des informations au patient dans un espace de confidentialité.

que faire selon le résultat de l’autotest ?

  • Le résultat de l’autotest est positif : consulter un médecin dès que possible car un contrôle par un test Elisa de quatrième génération est indispensable ; dans tous les cas ne pas affirmer la séropositivité, l’autotest étant un outil d’orientation. Diriger éventuellement vers des associations de soutien aux personnes infectées par le VIH, comme Sida Info Service, et assurer le patient de la disponibilité de l’équipe officinale pour lui prodiguer conseils et soutien. Lui rappeler d’utiliser des préservatifs et d’éviter toute conduite à risque de transmission jusqu’au résultat du test.
  • Le résultat de l’autotest est négatif : en l’absence de nouvelle prise de risque dans les trois derniers mois et dans le cadre d’une manipulation correcte de l’autotest, le résultat est considéré comme fiable. Il n’y a pas lieu d’effectuer de test de contrôle. Inciter toutefois au dépistage des autres maladies sexuellement transmissibles (hépatites, syphilis, chlamydiae, herpès, papillomavirus humains, gonocoques…) et rappeler les mesures de prévention de la transmission du VIH. Il peut également être utile d’aborder la question de la contraception.

 

point réglementaire

  • Dispensé sans prescription médicale.
  • Non remboursable à ce jour.
  • Délivrable à une personne mineure sans l’accord parental.
  • Pour l’instant, réservé au monopole pharmaceutique : vendu uniquement dans les officines et sur leur site internet.
  • Non autorisé actuellement à la vente en accès libre.
  • Effectué par le patient lui-même mais réalisable à l’officine, dans un espace de confidentialité, si le patient le souhaite. Le pharmacien peut l’assister mais n’est pas habilité à réaliser le test lui-même.

contacts utiles à l’officine

(Préciser sur une fiche les coordonnées et horaires d’ouverture des structures les plus proches)

  • CDAG (centres de dépistage anonyme et gratuit) et CIDDIST (centres d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles). Ces deux structures fusionneront au 1er janvier 2016 pour donner les CeGIDD (centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic des infections par les virus de l’immunodéficience humaine, des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles).
  • Centre de planning familial.
  • Laboratoire de biologie médicale.
  • Médecin généraliste.
  • Médecin infectiologue en ville.
  • Service hospitalier proposant des consultations VIH.
  • Urgences proposant un traitement post-exposition au VIH.
  • Pharmacie hospitalière proposant des traitements antirétroviraux et post-exposition.
  • COREVIH (comités de coordination de la lutte contre l’infection par le VIH ; annuaire sur www.sfls.aei.fr).
  • Réseau ville-hôpital VIH.
  • Associations de soutien aux personnes infectées par le VIH.
  • CAARUD (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques chez les usagers de drogue).
  • PASS (Permanence d’accès aux soins de santé) et autres structures offrant des soins aux plus démunis.
  • Sida Info Service : 0800 840 800 (24 h/24, 7 j/7, appel anonyme et gratuit depuis un poste fixe) ; www.sida-info-service.org.

► Annuaire de ces structures sur www.sida-info-service.org.

Sources

Cespharm : fiche pratique « Accompagner la dispensation d’un autotest de dépistage du VIH » ; HAS : « Autotests de dépistage de l’infection par le VIH », mars 2015 ; soirée de formation UTIP Île-de-France du 21 mai 2015 : « VIH, prévention et autotest : rôle et implication du pharmacien » ; Prescrire no 383, septembre 2015.

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