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Philippe Gaertner

Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

© MIGUEL MEDINA 

2022, c’est demain

Quand Emmanuel Macron a pris la parole en septembre dernier, ce fut, à certaines égards, une surprise. Il est rare, en effet, que la santé soit traitée au plus haut niveau de l’État, celle de la présidence de la République. Avec son plan « Ma santé 2022 », il a pourtant fixé un cap clair au système pour les cinq ans de son mandat, mêlant numérisation, coopération et éducation. Or les pharmaciens qui ont, à mon grand regret, été fort peu cités jusqu’à présent, sont concernés au premier chef par ces trois évolutions. 
Jugez plutôt : avec le dossier pharmaceutique et plus largement grâce à leur pratique quotidienne du tiers payant, les pharmaciens ont pris les devants depuis plus de dix ans. La généralisation du dossier médical partagé (DMP) passera donc non seulement par l’officine mais je vous fais le pari qu’elle y sera le plus souvent initiée ; nous en avons la compétence et la capacité. 

« Ne brisez pas
la dynamique de la
profession dans
les années à venir. »

Concernant la coopération, sur le terrain, les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) se monteront avec en leur sein tous les praticiens de terrain dont, au premier rang, les pharmaciens. Nombre d’entre vous étaient déjà impliqués dans les maisons de santé ou les équipes de soins primaires… et ces CPTS seront la continuité d’un engagement déjà fort. 
Peu importe que nous n’ayons pas ou peu été cités dans les discours officiels, sur le terrain notre implication parle pour nous : rendez-vous compte, à l’heure où j’écris ces lignes, nous avons dépassé les 500 000 vaccinations en officine, dont près de 100 000 primovaccinés, un exploit dont peu de professions seraient capables. Et pourtant, cet exploit, les pharmaciens l’ont réalisé. 
C’est précisément pour cette raison que je ne souhaite pas que cette dynamique soit brisée dans les années à venir. Avec la suppression du numerus clausus et la réforme des études dans les mois à venir, c’est de la prochaine génération dont je parle, celle qui entre en deuxième année aujourd’hui et vaccinera en 2022, au moment où Emmanuel Macron finira son mandat. L’officine devra être prise en compte et respectée dans les discussions qui viennent afin que toujours plus d’étudiants choisissent notre filière par conviction. Tout simplement parce qu’ils auront la certitude d’accompagner les patients et d’agir pour la santé publique. Ne les décevons pas.

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