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Une nouvelle convention avant la présidentielle

Crise sanitaire, nouvelle convention pharmaceutique mais ­aussi économie de l’officine ont été l’objet du débat entre Philippe Besset et Thomas Fatôme.

Philippe Besset (président de la FSPF) et Thomas Fatôme (directeur général de la Cnam).DR

Cette année encore, le Congrès national des pharmaciens a proposé à son auditoire le traditionnel face-à-face entre le président de la FSPF et le directeur général de l’Assurance maladie. Philippe Besset et Thomas Fatôme sont d’emblée revenus sur la période marquée par l’urgence sanitaire liée à la Covid et ont reconnu la mobilisation et l’implication indéfectibles des officinaux dans les missions qui leur ont été confiées. Rappelant la mise en place d’« échanges extrêmement réguliers et très opérationnels » entre la profession et la Cnam, son directeur général s’est félicité de « cette interaction rapprochée » et a estimé « indiscutable que les pharmaciens ressortent plus forts de la crise ». Pour Thomas Fatôme, cette séquence particulière a permis de mettre en lumière la capacité des pharmaciens à « être des acteurs de la prévention » et il est désormais persuadé « qu’il faut capitaliser » sur ce qui a été déployé.

L’officine, lieu de la prévention

Opposée à la reconduction tacite de la convention entre les pharmaciens d’officine et l’Assurance maladie, la FSPF a souhaité qu’une négociation s’ouvre au plus vite pour mettre sur pied un nouveau texte. Précisant sur ce point que « l’on devrait entrer dans le vif du sujet dès le mois de novembre », le directeur général de la Cnam n’a cependant pas voulu s’avancer sur la durée prévue des discussions, au contraire du président de la FSPF qui appelle de ses voeux une issue avant la date fatidique de l’élection présidentielle d’avril 2022. ­Philippe Besset a d’ores et déjà listé trois enjeux principaux : la revalorisation des actes existants, l’intégration de nouveaux actes, notamment tous ceux qui peuvent s’établir en coopération avec les médecins pour améliorer la dispensation et, enfin, l’ensemble de ce qui relève des missions du pharmacien hors champ du médicament (vaccination, dépistages…). De son côté, Thomas Fatôme a encore appuyé sur le nécessaire développement du rôle des officinaux dans le déploiement des politiques de prévention. S’il a cité le réseau officinal comme un partenaire potentiel du dépistage du cancer colorectal, il a clairement affirmé que l’Assurance maladie était « très favorable à l’élargissement du rôle des pharmaciens en matière de vaccination ». L’enjeu, pour lui, est de « faire de cette convention un moment important de la prévention dans le cadre d’une stratégie plus générale », en attribuant notamment aux pharmaciens un rôle renforcé d’information et d’accompagnement des patients à l’échelle de tout le pays. 

Un modèle économique fragilisé

Annonçant son intention de « verdir la future convention » pour coller aux enjeux écologiques actuels, le directeur général de la Cnam a par ailleurs largement ­disserté sur le développement des outils numériques comme « un levier qui va prendre de plus en plus d’importance dans l’exercice des pharmaciens ». Pour sa part, le président de la FSPF a rappelé la mobilisation des officinaux en faveur de l’exercice coordonné mais annoncé qu’il demanderait un délai correspondant aux deux années de crise ayant freiné leur engagement dans ces structures. Désireux de voir se renforcer la mission du pharmacien correspondant, Philippe Besset n’a, en outre, pas manqué de rappeler à Thomas Fatôme que le modèle économique de l’officine était de plus en plus fragilisé et qu’il attendait donc que le réseau soit à la fois valorisé et soutenu. 

Par Benoît Thelliez

15 Octobre 2021

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