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Un plan de bataille pour la qualité

Comment embarquer toute une profession dans une démarche qualité ? Réponse en six engagements « nécessaires », voire « indispensables ».

© FOTOLIA/RESERVOIRDOTS

La profession a officiellement remis, le 10 janvier, à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, une feuille de route pour améliorer la qualité à l'officine. C'est l'aboutissement d'une série de discussions suite à l'affaire Lactalis qui a donc débouché sur l'élaboration d'un document commun. Si les pharmaciens ont été moins pointés du doigt lors de cette crise que la grande distribution, de fait moins d'une dizaine d'officines seront au final jugées, il semblait nécessaire d'agir, même si la tempête médiatique est largement retombée. L'objectif affiché par ce Collectif qualité composé des représentants de la profession (Ordre, syndicats, groupements, étudiants, maîtres de stage) est ambitieux : « 100 % des officines engagées dans la démarche à 5 ans » dont les « éléments structurants » devront être mis en place dès 2019 avant un déploiement effectif dès 2020. En quoi consiste-t-elle au juste ? La première proposition concerne la mise en place, dans moins de deux mois, d'un Haut Comité à la qualité en officine qui sera  « propriétaire de la démarche » et notamment chargé d'écrire le référentiel auquel devrait se conformer toute la profession. Lequel référentiel fait l'objet de la deuxième proposition : il devra être livré fin 2019 et principalement axé sur le front-office, à savoir la dispensation, les prestations et l'information aux patients. Un item de support concernera néanmoins le fonctionnement back office, notamment pour la gestion des rappels.

Un financement encore inconnu

Le déploiement de ce référentiel qualité à compter de 2020, au-delà des 15 % d'officines qui sont déjà engagées dans un processus qualité, fait l'objet de la troisième proposition. « À noter que la certification des officines n'est obligatoire dans aucun [des] pays » où elle a été mise en place, remarque le Collectif, qui insiste néanmoins sur le fait que la profession doit définir des approches « pour certaines indispensables et pour d'autres volontaires, à la libre appréciation du pharmacien ». Les outils sont l'objet des propositions 4 et 5, à savoir un set « Les essentiels de la démarche qualité », disponible fin 2019, « gratuit et accessible librement » ainsi qu'un dispositif d'autoévaluation annuel, disponible en janvier 2020 « affiché comme nécessaire », l'objectif étant bien que « 100 % des pharmacies soient engagées dans une démarche qualité à 5 ans ». Last but not least, le Collectif appelle le gouvernement à desserrer les cordons de sa bourse pour accompagner la profession. Si on ne doute pas qu'Agnès Buzyn sera sensible aux cinq premières propositions, quel accueil fera-t-elle à la sixième ? Suspense.

Par Laurent Simon

11 Janvier 2019

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