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Un excédent qui fâche

Les pouvoirs publics veulent récupérer les gains supplémentaires liés à la mise en place des honoraires pour la dispensation de médicaments dits « spécifiques ».

© ADOBESTOCK_MAKSYM YEMELYANOV

Le directeur général de l’Assurance maladie, Nicolas Revel, vient d’informer le président de la FSPF, Philippe Besset, que si rien n’est fait, l’équilibre économique de l’avenant n° 11 sera dépassé de 150 millions d’euros à la fin de l’année 2020. La raison de ce dérapage ? La mise à jour de la liste des médicaments dits « spécifiques » ouvrant droit à la perception par les pharmaciens des honoraires de dispensation HDE d’un montant de 2,04 euros (3,57 euros à partir du 1er janvier 2020).
Explication : après avoir minutieusement épluché une première liste reçue en septembre 2018, la FSPF s’est en effet aperçue que 1 000 codes CIP manquaient à l’appel (insulines, antibiotiques par voie locale, antiagrégants plaquettaires…). En décembre dernier, l’Assurance maladie acceptait finalement de réintégrer 700 médicaments à la liste initiale. Sans cet ajout, le manque à gagner pour l’officine avait été estimé à 130 millions d’euros pour 2019 et 2020 par la FSPF et à 150 millions d’euros par l’Assurance maladie.

Des mesures correctives

« Nous sommes à peu près d’accord sur le chiffrage mais pas sur les conclusions des autorités en charge des comptes publics », s’alarme Philippe Besset. Car Nicolas Revel l’a prévenu : pour maintenir le cap, des mesures correctives seront prises. Autrement dit, les pouvoirs publics souhaitent récupérer les 150 millions d’euros excédentaires. Comment ? Soit en supprimant certains honoraires ou en baissant leurs montants via un avenant, ce qui nécessite la signature des syndicats ; soit en modifiant de nouveau les paramètres de la marge par le biais d’un arrêté. Une perspective que désapprouve Philippe Besset, qui entend interpeller la ministre de la Santé sur le sujet de l’impact des baisses de prix des médicaments pour l’officine à l’occasion de la prochaine commission des comptes de la Sécurité sociale. Le président de la FSPF rappelle en effet que, même avec l’injection de ces 150 millions d’euros dans l’économie officinale, le niveau de la rémunération reste inférieur à celui de 2016 (année de référence inscrite dans l’avenant n° 11) en raison de l’application massive de baisses de prix. Philippe Besset demandera à l’assemblée générale de son syndicat de se prononcer sur les suites à donner à cette affaire, mais il indique d’ores et déjà qu’« en tant que président de la FSPF, [il ne s']’estime pas mandaté pour signer un avenant prévoyant une baisse de rémunération pour la profession ».

Par Christophe Micas

30 Août 2019

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