Formulaire de recherche

Le tirage au sort en Paces n’aura pas lieu

Les facultés préfèrent ne pas ouvrir la boîte de Pandore et contournent, à leur façon, le problème de leurs capacités d’accueil limitées.

Les étudiants sont farouchement opposés au tirage au sort.

 

Le spectre du tirage au sort des étudiants en première année commune aux études de santé (Paces) est bel et bien écarté. Régulièrement remise sur le tapis, cette solution, destinée à limiter les effectifs d’étudiants, était début janvier à l’ordre du jour d’une réunion du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), avant d’en être retirée. Interrogé, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche confirme qu’« il n’y a pas de risque que le tirage au sort soit envisagé » et qu’il s’est « rapproché de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) pour désamorcer la question ».

Enseigner… à distance ?

De son côté, un bon connaisseur des études pharmaceutiques rapporte qu’« il a été acté, début février, lors d’une réunion entre le vice-recteur des universités de Paris et l’ensemble des doyens en santé d’Île-de-France, que le tirage au sort était inorganisable et impossible à mettre en place, sous peine de faire descendre les étudiants dans la rue. Outre le fait que personne n’y est prêt, il se trouve aussi qu’en ce moment beaucoup d’universités mettent en place des cours à distance, qui ne nécessitent plus la présence physique des étudiants. Plutôt que de recourir au tirage au sort, les universités feront donc en sorte [d’agir] différemment. Au moins pour les prochaines années ». L’enseignement à distance, une manière de régler la question de la place dans les amphis au quotidien… sans vraiment régler le problème de fond : le nombre croissant de candidats attirés par la filière et l’organisation de la Paces, souvent décriée. Fin février, la conférence des doyens de médecine a en effet adressé dix propositions aux candidats à la présidentielle, parmi lesquelles une « sorti[e] du numerus clausus et du tout ECN [épreuves classantes nationales, NDLR] ». Pour l’anecdote, La Voix du Nord relatait fin février dans ses colonnes qu’après sept années, une expérimentation menée à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) qui permettait aux étudiants de suivre les cours de la faculté de Lille en visioconférence, a été stoppée. Raison invoquée ? « Les très mauvais résultats affichés depuis le début par la promotion boulonnaise ». Bien que le doyen de la faculté de médecine de Boulogne invoque de son côté un « défaut d'orientation », cela jette un doute sur la pertinence d'un tel dispositif.

Par Claire Frangi

1 Mars 2017

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