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Quels axes pour la future convention ?

La convention pharmaceutique qui lie actuellement les pharmaciens et l’Assurance maladie prendra fin en 2022. Si l’heure n’est pas encore aux négociations, la FSPF et la Cnam ont déjà évoqué des axes de travail.

Philippe Besset et Thomas Fatôme

De nouvelles négociations devront prochainement démarrer pour dessiner les contours de la future convention pharmaceutique. Mais les discussions ne débuteront pas avant la publication des résultats des élections aux URPS d’avril 2021. Quoi qu’il en soit, rien n’empêche de réfléchir dès maintenant à son contenu, comme l’ont indiqué le directeur général de l’Assurance maladie Thomas Fatôme, et le président de la FSPF Philippe Besset, invités à débattre dans le cadre des Universités d’automne du syndicat, fin novembre.

Revaloriser, protéger, simplifier

Pour Philippe Besset, c’est clair : le prochain contrat avec l’organisme payeur devra d’abord prévoir une revalorisation des honoraires de dispensation, mais aussi des missions et du rôle de professionnel de santé du pharmacien dans les territoires à l’aune des missions de santé publique. Le président de la FSPF estime également que la future convention devra permettre la protection des officines, notamment en préservant les piliers de la pharmacie française, à savoir la réserve du capital aux seuls pharmaciens, le monopole de dispensation des médicaments et le maillage territorial. Enfin, il appelle à une simplification de l’exercice, pointant notamment « une complexité inouïe » des accompagnements patients ou de la dispensation adaptée. « La paperasse a été remplacée par de la e-paperasse qui génère des e-contraintes et de la e-perte de temps », lance Philippe Besset. « Revaloriser, protéger, simplifier », sont donc pour le président de la FSPF les maîtres-mots qui doivent guider les discussions autour de la prochaine convention. Un triptyque auquel semble adhérer le directeur général de l’Assurance maladie. « Cette logique de protection, de revalorisation et de simplification ne me fait pas peur, au contraire, je la reprends très volontiers », assure Thomas Fatôme, confiant que l’organisme payeur commence, lui aussi, à réfléchir aux axes de cette future convention. « Nous avons franchi un cap, collectivement, en ce qui concerne l’accompagnement des assurés avec les bilans et les entretiens que peuvent proposer les pharmaciens. Nous ne reviendrons pas en arrière. Mais c’est vrai aussi que l’on a envie qu’ils se déploient d’une façon beaucoup plus large », souligne-t-il.

Promouvoir l’exercice coordonné

De nouveaux thèmes pourraient d’ailleurs voir le jour, tel l’accompagnement des assurés candidats à l’arrêt du tabac. Thomas Fatôme pense également que la future convention doit permettre aux pharmaciens qui le souhaitent de s’investir dans l’exercice coordonné. Troisième axe important aux yeux du directeur général : le numérique avec, au programme, le développement d’un espace numérique de santé, une e-prescription, une application carte Vitale ou encore des messageries sécurisées de santé. « Je n’ai pas l’impression de décrire le monde de dans 5 ou 10 ans, c’est à notre portée, à l’horizon de quelques mois ou de quelques petites années, cela fait partie de nos priorité », affirme-t-il.
Concernant le volet économique, Thomas Fatôme indique que les éventuelles revalorisations se feront dans le cadre de discussions avec « une logique d’investissement, tout en ayant en tête les problématiques de soutenabilité de l’Assurance maladie », dont les comptes ont été plombés cette année par la crise sanitaire.

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Par Christophe Micas

27 Novembre 2020

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