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De la pub en officine... mais point trop

L'Ordre aspire à moins de publicité en vitrine mais souhaite autoriser les programmes de fidélisation sur les produits et services hors monopole. Le ministère tranchera.

 

Ce ne sont pas un mais deux textes qu'a sortis l'Ordre des pharmacien le 6 septembre dernier. Outre la nouvelle mouture du code de déontologie, un autre document d'importance va atterrir sur le bureau de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, pour validation et insertion dans le Code de la santé publique à une échéance encore inconnue : celui concernant les « propositions de modifications des articles relatifs à la publicité/communication/information des officines ». Première nouveauté, sur les vitrines et façades des officines, « l’emplacement dédié aux messages de santé publique et d’actions de veille et de protection sanitaire organisées par les autorités de santé doit être significatif par rapport aux messages publicitaires ». On imagine déjà les arguties juridiques autour de la définition précise du mot « significatif » en termes de surface vitrée, l'idée étant évidemment que toutes les officines ménagent une place pour au moins une campagne de santé publique.

La fidélisation... pas sur le médicament

En outre, « aucun procédé de fidélisation de la clientèle ne peut porter sur l’une des missions prévues à l’article L. 5125-1-1 A [premier recours, pharmacien référent, veille et protection sanitaire... NDLR] ou sur l’un des produits mentionnés à l’article L. 4211-1 du Code de la santé publique », qui définit le monopole pharmaceutique. Mais les programmes de fidélisation, type carte, seraient autorisés « pour une pharmacie donnée », note-t-on à l'Ordre, sur les produits cosmétiques, la parapharmacie, les compléments alimentaires ou certains services ne relevant pas des missions de service public. On pourrait penser par exemple à des animations de point de vente. Si la ministre valide ces propositions, chaque pharmacien pourra donc à terme monter son programme de fidélisation « perso ». Une vraie nouveauté.

Pas de changement pour les groupements 

Côté groupements en revanche, l'article du Code de la santé publique leur interdisant toute publicité n'est pas modifié mais l'Ordre propose qu'ils puissent, en droite ligne de la législation actuelle, « mener des campagnes de prévention ou de promotion de la santé publique, communiquer sur les prestations, missions et activités, destinées à favoriser l’amélioration ou le maintien de l’état de santé des personnes. [...] Ces communications ne peuvent en revanche comporter aucune forme de publicité individuelle pour les officines membres ou adhérentes ». Pas d'évolution notable de ce côté-là.

Par Laurent Simon

8 Septembre 2016

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