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Pour le Pr Joyeux, vous voulez « vider votre stock »

Le médiatique cancérologue s'érige à nouveau contre l'extension à onze vaccinations obligatoires et, au passage, s'en prend aux pharmaciens.

© JEROME ROMME

À quelques semaines de la mise en place de l'obligation vaccinale portée à onze valences – à compter du 1er janvier prochain –, Henri Joyeux, le médiatique oncologue, a encore une fois ameuté les foules, organisant au Théâtre Michel à Paris, le 7 novembre dernier, une conférence de presse intitulée « Oui aux vaccins, non aux onze vaccinations du nourrisson dès la sixième semaine ». Devant un public conquis, très majoritairement constitué de militants, le professeur de médecine a déroulé son argumentaire aux côtés d'une recrue de choix en la personne de Luc Montagnier, prix Nobel de médecine en 2008 pour sa codécouverte du VIH. Ce dernier aurait proposé en 2016 de détecter la maladie de Lyme dans les échantillons sanguins par la captation d'ondes électromagnétiques… 
Les deux scientifiques préconisent une vaccination « au cas par cas » et non plus « massive » comme aujourd'hui. Selon eux, le monde de la santé dans son ensemble fait fausse route, y compris à l'officine : « Les pharmaciens se sont fait avoir : 50 % nous sont très favorables en voyant les abus et les 50 % restants nous sont défavorables. Pour quelle raison ? Parce qu'ils ont des stocks de vaccins qu'ils ont déjà payés aux laboratoires. Nous ne sommes pas là pour faire plaisir aux pharmaciens [et] pour vider leur stock, ce n'est pas notre objectif. Notre objectif, c'est la santé des enfants, la santé des familles et la remise à sa place du médecin dans sa relation intime avec les parents. C'est le point essentiel », assène le professeur Joyeux. 

Vaccins et mort subite du nourrisson

Sels d'aluminium toxiques, « tempête » immunitaire et même mort subite du nourrisson, impossible de recenser tous les maux que les deux scientifiques mettent sur le compte des vaccins. Sur ce dernier point, le professeur Montagnier est en tout cas formel, même s'il ne peut s'avancer que sur une « corrélation temporelle sérieuse », basée sur un seul cas, et se garde bien d'établir un quelconque lien de causalité. Mais il insiste, allant jusqu'à parler d'un « problème majeur pour le futur de l'humanité ». Et d'enchaîner sur une relation présentée comme « évidente » entre « convulsions » et vaccination, pour repartir sur un laïus relatif à la mort subite du nourrisson. « Imaginez un enfant en pleine santé qu'on retrouve mort dans son lit », abonde le professeur Joyeux pour qui il s'agit d'un « sujet extrêmement important ». Il se félicite que Mediapart y ait consacré un article, à partir des hypothèses du professeur Montagnier. Vérification faite, il existe effectivement un article sur Mediapart, mais au sein d'un blog hébergé par le site d'information en ligne et dont les « contenus n'engagent pas la rédaction ». Une précision, parmi tant d'autres, dont ne se sont pas embarrassés les deux professeurs. 

Par Laurent Simon

8 Novembre 2017

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