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Les potards disent oui à la vaccination en officine !

Réunis en assemblée générale à Lyon du 20 au 22 février, les membres de l'Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF) se sont déclarés prêts à vacciner en officine. Mais pas n'importe comment.

« Combien d'entre vous seraient prêts à vacciner en pharmacie ? » Rassemblés dans l'amphitéâtre B de la faculté de pharmacie de Lyon, plus de 300 potards, venus de toute la France, sont interpellés par Didier Vieilly, le vice-président du Conseil régional de l'Ordre des pharmaciens de Rhône-Alpes. Une forêt de bras se lève : plus des trois quarts de la salle répond positivement à sa question. « Nous sommes tout à fait favorables à la vaccination en officine, sous certaines conditions », confirme Maxime Villoria, représentant des étudiants de la faculté de pharmacie de Lyon et ex-vice-président éducation et réformes à l'ANEPF. Pour l'association, trois pré-requis sont indispensables pour que la vaccination en pharmacie puisse se faire dans de bonnes conditions. « Il faut évidemment une formation, intégrée à notre formation initiale, car même si nous sommes prêts à vacciner demain, nous n'y sommes pas encore préparés », indique Maxime Villoria. De plus, l'ANEPF juge que la concertation avec les autres professionnels de santé est un élément essentiel pour asseoir la légitimité des pharmaciens à vacciner. « Nous prônons l'interprofessionnalité et nous travaillons de plus en plus avec les étudiants en médecine ou en soins infirmiers. Il faut que nous parlions tous d'une même voix. » 

« L'intérêt du patient et non les intérêts corporatistes »

Les étudiants infirmiers seraient d'ailleurs moins réticents que leurs aînés à ouvrir la vaccination aux officinaux. « La principale crainte des infirmiers, c'est de perdre des missions qui ne seraient pas remplacées, estime Maxime Villoria. Or, les étudiants voient bien qu'ils vont avoir de nouvelles tâches à assumer, notamment avec les pratiques avancées qui vont marquer l'évolution de leur profession. » Pour l'ANEPF, l'important est « de voir l'intérêt du patient et non les intérêts corporatistes des professionnels de santé ». Enfin, l'association insiste sur un dernier point important : des locaux adaptés. « Depuis la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST), un certain nombre de pharmacies ont fait des travaux pour aménager un espace de confidentialité. Si on veut pratiquer la vaccination, il faudra impérativement en avoir un dans l'officine. On ne pourra pas vacciner dans un coin du bureau du titulaire », conclut Maxime Villoria.

Par Alice Monas

23 Février 2015

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