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Polémique Even : suite et fin ?

Quelques jours après la dépêche de l'Agence de presse médicale (APM) qui se penchait sur le fonctionnement de l'Institut Necker que préside le Professeur Philippe Even, ce dernier annonce... qu'il démissionne ! Dans un courrier adressé au Formindep (collectif pour une formation médicale indépendante) mardi 8 septembre, il se dit également « triste d'avoir à rappeler [s]a totale indépendance à l'égard des firmes pharmaceutiques » et dénonce la « malveillance » de l'APM, média qu'il juge « en totale dépendance » à « l'égard des grandes firmes ». Il explique que s'il quitte la présidence et le conseil d'administration de l'Institut Necker, c'est « pour ne pas nuire aux possibilités de contractualisation des équipes de chercheurs avec l'industrie ». Car le Pr Even maintient ne pas être en situation de conflit d'intérêts, rappelant que l'institut ne participe « à aucun moment » à la négociation des contrats, ni n'est tenu au courant. Il continue d'opposer les contrats de recherche clinique, qu'il qualifie de « regrettables » mais qu'il faut néanmoins soutenir, aux contrats financiers personnels entre firmes et médecins, qu'il faut limiter. Sauf que l'APM relève, sur le site Transparence.sante.gouv.fr, que quelques conventions « expert », « orateur » ou « prestations de service » ont bien été signées par l'Institut Necker avec Roche, Bristol-Myers Squibb, Janssen ou Pfizer.

À noter que jeudi 10 septembre, paraissait le nouvel ouvrage du même Pr Even, Corruptions et crédulité en médecine, aux Éditions du Cherche-Midi et dont L'Express publie quelques extraits. Pour la première fois, il désigne nommément des cardiologues « corrompus » de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris, en vue de « provoquer un électrochoc chez les confrères ». « Le combat de trop ? », se demande Olivier Robichon, auteur de la lettre d'information Prescription Santé.

Par Anne-Laure Mercier

11 Septembre 2015

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