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Oui à la substitution des hybrides

Les députés créent un Répertoire "bis" pour ces génériques qui n'en sont pas tout à fait.

Après les biosimilaires, les génériques à base de plantes, voici les « hybrides ». Ces spécialités, des quasi-génériques, sont similaires à des princeps déjà sur le marché mais n'en diffèrent que par un dosage, une formulation ou une indication différente. Beaucoup de paramètres peuvent donc varier à l'exception de la nature du principe actif. Olivier Véran, député LREM (Isère) et rapporteur du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2019 les a résumés de la façon suivante, le 26 octobre au soir : les hybrides ont la « couleur et l'odeur des génériques mais n'en sont pas et ils ne peuvent aujourd'hui pas être substitués ». Une disposition qui vient cependant de changer après le vote des députés, un peu inquiets après la polémique entraînée par la mise sur le mar­ché de la nou­velle for­mule du Le­vo­thy­rox mais rassurés par Olivier Véran qui leur a précisé que « la substitution sera extrêmement encadrée et ne sera pas automatique comme pour les génériques ». En outre, « les hybrides disposeront d'un Répertoire à part après un avis donné par l'ANSM [l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, NDLR] » qui devrait être mis à disposition début 2020.

Et les inhalés ?

Reste à trancher le cas encore plus particulier des hybrides inhalés, ces médicaments, par exemple des antiasthmatiques, combinant un dispositif médical et un principe actif. Le PLFSS 2019 supprime l'obligation, qui n'était jamais entrée en vigueur, de les substituer uniquement en initiation du traitement, au motif que « cette disposition se heurte à la difficulté pour le pharmacien d’identifier précisément l’initiation de traitement et n’apparaît plus justifiée », comme le précise l'étude d'impact du PLFSS. Néanmoins, le cas des hybrides inhalés semble toujours problématique puisque l'exposé des motifs de l'article 43 indique qu'un « travail spécifique sera mené sur les dispositifs médicaux liés à ces médicaments ». La substitution des hybrides en général permettrait 100 millions d'euros d'économies par an, estime le gouvernement... si elle est combinée à des baisses de prix. Ça, c'est la mauvaise nouvelle.

Par Laurent Simon

30 Octobre 2018

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